TRON et son logement social
Par Moi le lundi 29 mars 2010, 17:00 - Lien permanent
Je reprends un
article de Libération concernant le logement social de Monsieur Tron notre
nouveau secrétaire d'Etat à la fonction publique; Je pense que c'est aussi
scandaleux que l'affaire de l'appartement de notre ancien Ministre des finances
Hervé Gaymard.
C'est une honte !!!
«Il ne s’agit pas d’un appartement HLM mais d’un appartement ILN. Le loyer
principal se monte à 1401,88 euros et les charges sont d’un montant de 591,63
euros. Cela fait clairement apparaître un loyer plus charges de 1993,51 euros
mensuels.»
Georges Tron dans un communiqué
INTOX
A l’heure où nombre de familles sont confrontées à des problèmes cruciaux
pour se loger, la révélation par le Canard Enchaîné, de l’occupation par
Georges Tron, nouveau secrétaire d’Etat à la Fonction publique, d’un logement
social à prix minoré ne pouvait que susciter une vive polémique. D’où la
réplique immédiate de Tron : «Il ne s’agit pas d’un appartement HLM mais
d’un appartement ILN immeuble à loyer normal, ce qui signifie qu’il
n’y a aucun système de conventionnement, aucun seuil, ni plafond de loyer à
l’entrée dans les lieux», s’est-il défendu, ajoutant pour contester les
affirmations du Canard (qui parlait de 1 200 euros de loyer hors charge) :
«Le loyer principal se monte à 1401,88 euros et les charges sont d’un montant
de 591,63 euros. Cela fait apparaître un loyer plus charges de 1993,51 euros
mensuels.»
DESINTOX
En jouant sur les mots et sur les sigles (il oppose les ILN aux HLM),
Georges Tron tente de se protéger derrière un écran de fumée. Mais son
argumentaire ne résiste pas à l’analyse. Le cadre réglementaire régissant
l’immeuble qu’il habite prouve qu’il est bel et bien locataire d’un logement
social. Le propriétaire de ce bâtiment est la société HLM-Domaxis. Et
contrairement à ce qu’affirme le secrétaire d’Etat, les loyers dans son
immeuble sont plafonnés. Ils sont encadrés par la réglementation HLM. Ils ne
peuvent pas dépasser un certain niveau.
En la circonstance, l’appellation «immeuble à loyer normal» est d’ailleurs
totalement galvaudée. Le loyer de 1401,88 euros, pour un appartement de 118 m2
plus terrasse, n’a rien à voir avec les prix du marché dans la capitale.
Georges Tron paye 11,88 euros du mètre carré (sans compter la surface de sa
terrasse). Or dans le XVe arrondissement, où se trouve son appartement, le
niveau des loyers dans le privé est de plus de 20 euros du mètre carré. Comme
il est facile de le voir en consultant les annonces publiées dans les journaux
ou les sites internet : les rares offres de location d’appartements de
plus de 100 m2 dans son quartier s’affichent à des tarifs souvent supérieurs à
2400 euros hors charges. Dans le privé, pour 1400 euros hors charges (le loyer
payé par Tron) on trouve au mieux des appartements de 70 m2 à 75 m2.
Le secrétaire d’Etat paye donc bien un loyer intermédiaire social. Les
organismes de HLM proposent ce type de logements (appelés aujourd’hui PLS) aux
ménages «trop riches» pour prétendre à un loyer social minoré, mais «trop
pauvres» pour se loger dans le privé. Ce qui n’est pas le cas de la famille
Tron. Mais il est vrai qu’il y a un vide dans la législation HLM. Les ILN ne
sont pas soumis à plafonds de ressources (contrairement au PLS qui les ont
remplacés). Donc Georges Tron peut effectivement prétendre qu’il y a droit en
dépit de ses revenus très confortables. Cette situation anormale a d’ailleurs
amené depuis plusieurs années la Ville de Paris à instituer des plafonds de
ressources dans les ILN appartenant à son office de HLM et ses sociétés
immobilières municipales.
Georges Tron a obtenu son logement en 1992 à l’époque où il travaillait
comme chargé de mission à la mairie de Paris, auprès de Jacques Chirac. Cet ILN
lui a été attribué sur le contingent du maire de Paris, preuve supplémentaire
qu’il s’agit d’un logement social. Comme le confirme d’ailleurs dans un
communiqué la SA-HLM Domaxis. Les «146 logements de cet immeuble sont réservés
au profit de la Ville de Paris … et de divers
CIL».Les CIL sont les organismes du 1 % logement qui aident les salariés
d’entreprises cotisantes à se loger pas trop cher dans le parc locatif
réglementé.
Enfin, ultime preuve que Georges Tron vit dans un logement social : les
ILN sont comptabilisés dans le quota des 20 % de HLM, qu’impose aux villes la
loi SRU.
Pour clouer le bec du Canard enchaîné, Georges Tron a aussi indiqué qu’en plus de son loyer de 1401,88 euros (et non 1 200 euros), il payait 591,63 euros de charges. Soit un total de 1993,51 euros. Problème : dans les charges, il comptabilise (mais en se gardant bien de le mentionner) les loyers de ses deux parkings pour un montant total de 171,96 euros, ce qui n’a rien à voir. En ce qui concerne les charges proprement dites, elles comprennent l’eau chaude et le chauffage. Chauffé, logé, garé pour moins de 2000 euros par mois: Tron s’en sort très bien comparé aux prix du privé.