Monsieur le Président, mes cher(e)s collègues,

Dans le cadre de son plan de mandat 2008-2014, la Communauté urbaine souhaite faire de l’université un acteur majeur de l’innovation. Pour cela, elle s’engage à : - soutenir le pôle de recherche et d'enseignement supérieur (Pres) pour une université forte, - inscrire l’université dans le dynamisme entrepreneurial et le transfert de technologies, - mettre en œuvre le schéma de développement universitaire

Le conseil de Communauté a délibéré le 12 février 2008 sur une convention cadre de partenariat, pour la période 2008-2010, entre la Communauté urbaine, le conseil régional Rhône-Alpes et l’Université de Lyon dont les objectifs partagés sont les suivants :

- développer une formation et une recherche d’excellence et attirer les talents, - construire une visibilité internationale de l’enseignement supérieur et de la recherche sur le site de Lyon, - contribuer au développement économique du territoire en renforçant les liens entre l’enseignement supérieur, la recherche et le monde économique, - mutualiser des fonctions supports pour renforcer la compétitivité globale des établissements et du site lyonnais, - développer la culture scientifique et technique.

La Communauté urbaine et le conseil régional Rhône-Alpes apportent leur soutien aux actions correspondant aux priorités de leurs stratégies territoriales et à leurs compétences. Le conseil de Communauté a délibéré le 24 septembre 2008 sur une convention partenariale pour un montant prévisionnel de 3 057 000 € pour le programme d’actions pluriannuel et a validé le versement d’une subvention pour un montant de 1 003 000 €, au titre du programme d’actions 2008.

Permettez moi de resituer cette délibération dans le contexte actuel du mouvement de protestation dans les universités.

Les universités françaises sont parmi les moins bien dotées de toute l’Europe. L’Etat français y consacre en moyenne environ 6500 euros par étudiant et par an alors qu’une grande école ou une ENS perçoit par an et par élève environ 14000 euros, un IUT 11500 euros. L’université est donc le parent pauvre de l’enseignement supérieur en France alors qu’elle forme le plus grand nombre d’étudiant (30000 à Lyon 1, 28000 à Lyon 2 et 26000 à Lyon 3). Tout le monde s’accorde à dire que la clé de la réussite des étudiants se trouve dans le taux d’encadrement, les conditions matérielles des études et la qualité des enseignements. Cependant, seuls les meilleurs étudiants triés sur la volet peuvent poursuivre des études dans des conditions satisfaisantes alors que l’Université doit batailler quotidiennement pour trouver les moyens de la réussite de ses étudiants.

Le projet Lyon Cité campus a passé avec succès les différentes phases de sélection de l’opération campus lancée par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche. En novembre 2008, il s’est fortement démarqué au niveau national en figurant parmi les deux seuls projets jugés opérationnels. La dotation de l’Etat s’élève en capital à 575 M€. La Communauté urbaine apportera son soutien à hauteur de 32 M€.

Par ce choix d’investissement important, le Grand Lyon veut inscrire l’enseignement supérieur lyonnais parmi les premiers pôles français et européens.

Néanmoins, nous ne pouvons nous satisfaire de la contribution de l’Etat dans l’opération campus car elle cache un malaise profond. Il est une chose d’investir dans l’immobilier universitaire, il en est une autre d’offrir aux étudiants des conditions d’études satisfaisantes en terme d’encadrement, de promotion des actions en faveur de ceux qui sont en difficulté, d’offrir aux personnels les moyens de transmettre leur connaissance, de faire de la recherche et enfin de promouvoir l’excellence. L’excellence au sens de la qualité de la formation en lien avec la recherche, de la promotion d’une pensée libre et critique, de la possibilité de trouver un emploi à l’issue de sa formation.

Remise en cause du décret de 1984 concernant le statut des enseignants chercheurs, diminution des dotations globales de fonctionnement des universités, non reconduction de la moitié des départs à la retraite des personnels, réforme des concours, suppression du plan réussite licence ... telles sont les réformes que remettent en cause les universitaires, les personnels BIATOS et les étudiants. Le Gouvernement n’a répondu que par le mépris et par des passages en force systématiques. Aujourd’hui de nombreux étudiants se trouvent en situation d’échec car de nombreux enseignements n’ont pu avoir lieu et ce n’est pas le bricolage des modalités de contrôle des connaissances que demande Valérie Pécresse aux présidents d’université, ce n’est pas l’appel aux forces de l’ordre demandé par le 1er Ministre qui sortiront les étudiants du fossé qu’elle a creusé en refusant de discuter et de négocier.

Le Grand Lyon n’a pas vocation à suppléer le désengagement de l’Etat mais il a vocation à soutenir les initiatives locales, dans son champ d’intervention : ce rapport montre combien nous sommes attachés à l’enseignement supérieur et en particulier aux universités, combien nous voulons au Grand Lyon que notre métropole puisse apparaître comme une des meilleures métropoles dans le domaine de la recherche et de l’enseignement supérieur. Ceci explique les efforts importants que le Grand Lyon met à la disposition de l’université lyonnaise

C’est pour cette raison mes cher(e)s collègues, Monsieur le Président que le groupe socialiste approuvera ce rapport.

Guy CORAZZOL Pour le groupe socialiste au Grand Lyon