Le Blog de Guy CORAZZOL

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mercredi 13 janvier 2010

Le grand stade de l'OL en débat

Le grand stade est un enjeu d’agglomération

Voici quelques arguments pour répondre aux détracteurs du Grand stade.

En introduction, je veux rappeler que ce projet est un projet privé de l'OL, c'est lui qui financera le Grand Stade ; le Grand Lyon et le SYTRA et l'Etat financeront l'accessibilité en intégrant les transporst en commun et les modes doux dans le plan global de développement des déplacements de l'agglomération.

Pourquoi un nouveau stade pour l’agglomération lyonnaise ?

L’agglomération connaît un retard important en matière de grands équipements sportifs

Le nombre de places de Gerland n’est plus adapté au développement démographique de la seconde agglomération française.

L’offre d’hospitalité, le confort, la sécurité sur Gerland ne répondent plus aux attentes des spectateurs ni aux exigences internationales pour l’accueil de grandes manifestations sportives comme l’euro 2016.

Quelques exemples :

La moyenne du nombre de places dans les stades français est de 29155 places, en Allemagne il est de 45000, 40000 en Italie ou encore 35000 en Angleterre. Seuls deux stades français dépassent la jauge des 50000 places : le stade de France et le stade vélodrome. Aucun stade français n’est conforme aux normes européennes pour accueillir la finale de la champion league. Aucun stade en France n’est labellisé 5 étoiles par l’UEFA.

Pourquoi pas Gerland, le Puisoz ?

L’OL souhaite être propriétaire de ses équipements afin d’en maîtriser le développement. Gerland est la propriété de la Ville de Lyon.

Gerland est classé monument historique ce qui limite sa capacité d’accueil. Sa capacité de 40000 places ne suffit pas à répondre aux objectifs de l’OL.

Sa capacité est insuffisante pour satisfaire la demande du public : 94% de remplissage pour les matches de ligues 1 et 100% pour ceux de la champion league.

La superficie disponible est insuffisante pour accueillir en sus du stade le pôle loisir et de divertissement (hôtel, centre de loisir, bureaux) source aussi de croissance économique.

L’accessibilité de Gerland est réduite : Il faut 1h30 pour gérer la sortie du stade alors qu’à Décines il faudra 1h alors que le flux sera beaucoup plus important.

Envisager des travaux sur Gerland en continuant les matches équivaut à une perte sèche de 40% pour l’OL.

Le Puisoz ne pouvait recevoir le Grand stade car la société propriétaire n'a pas souhaité le vendre à l'OL.

L’accessibilité au grand stade

L’accessibilté du Grand stade s’inscrit dans une politique de développement d’une offre de transport en commun performant qui est pensée dans le cadre d’une organisation globale et multimodale des transports en commun. Ces nouveaux transports en commun constitueront un service disponible pour les habitants.

Transports en commun direct : 9000 personnes Transport en commun depuis les parking relais : 25200 personnes Transport en commun supporter (cars) : 4800 personnes Modes doux : 1700 personnes

= 68% de TC et modes doux

= véhicules particuliers (7000 places) : 32
%

Afin de promouvoir les modes de transports moins impactant sur l’environnement l’OL étudie la mise en place d’incitation tarifaires :

- tarification adaptée en fonction du lieu de parking

- un tarif dégressif pour promouvoir le co voiturage

- une gratuité des navettes entre les parkings relais et le stade

- …

La prise en compte de l’environnement dans le projet

- Le projet est en conformité totale avec le Plan d’Aménagement et de Développement Durable

- Le maintien de la branche nord du V vert

- Des mesures compensatrices seront mise en œuvre par chaque MO pour renforcer le projet nature du secteur du Vvert

- Un bilan carbone sera lancé pour évaluer l’impact du scénario de desserte du grand stade

- Des solutions techniques en matière de gestion des eaux seront mises en œuvre pour garantir la protection de la nappe de l’est

- 13000 m2 de panneaux photovoltaïques seront installés sur le toit du Grand stade pour assurés une production d’énergies renouvelables

- Des technologie à fort rendement seront utilisés par le grand stade

- Un accord cadre avec l’ADEME a été signé afin de renforcer les aspects environnementaux du projet en particulier sur les aspects énergétiques et acoustiques

Les retombées économiques :

L’OL représente sur une saison :

- 156 Millions de CA

- 230 salariés

- 40 millions de contribution fiscale et sociale

- 9,9 millions de retombées économiques liées à la venue des spectateurs

Ce projet ce sera :

- 1500 emplois en phase de construction

- 800 à 1000 emplois en phase d’exploitation

- Auxquels il faut ajouter les 800 emplois liés aux autres activités qui seront développées sur le site :

o Siège de l’OL : 230 emplois

o Hôtel : 50 emplois

o Bureaux : 320 emplois

o Centre de loisirs : 200 emplois

Que représente la candidature de l’EURO 2016 pour l’agglomération :

- Notoriété et rayonnement : l’euro est le 3ème événement mondial en terme de retombée médiatique

- Il permettra de valoriser son tourisme urbain et sa qualité de vie, son offre d’accueil, ses équipements culturels, sa gastronomie ou encore la qualité de sa desserte en transport en commun

- L’Euro c’est 100000 visiteurs par match qui se logent, se nourrissent, consomment.

Pour conclure :

Le football est un sport populaire et de masse, il promeut, contrairement à la caricature qu’en font nos amis Les verts, des valeurs éducatives et collectives que nous promouvons tous les jours dans notre action politique. Il y a certes des dérives mais qui sont loin derrière les bénéfices qui sont apportés à tous les jeunes qui la semaine et les week end jouent ensemble dans les stades de quartier.

Le Grand stade est un beau et grand projet qui assure à la fois le développement sportif, économique sans attenter à l’environnement : nous avons là un projet de développement durable. Il est vrai que Philippe Mérieux souhaiteraient que dans le sport il n'y ai pas de vainqueur (interview Lyon capitale) : je souhaite lui dire que nous ne vivons pas dans le pays d'Alice au pays des merveilles et qu'il y a toujours un gagnant et un perdant et qu'il n'y pas de déshonneur à perdre un match : c'est parce qu'il y a de la compétition que le sport est aussi beau.

mardi 12 janvier 2010

Intervention au conseil communautaire- budget 2010 - 11 janvier 2010

Monsieur le président, mes chers collègues,

Nous votons aujourd’hui le Budget 2010 de notre communauté urbaine.

Ce vote est bien sûr l’un des plus importants de l’année, car c’est à travers le budget que nous planifions l’ensemble des dépenses et des recettes du Grand Lyon.

Disons le d’emblée, ce budget nous paraît bon. Contrairement à celui de l’État, il est à l’équilibre. Il respecte nos orientations politiques votées à travers le plan de mandat tout en tenant compte de la conjoncture. Ce deuxième budget de la mandature est prudent grâce à des choix qui n’obèrent pas l’avenir, en particulier à travers une maitrise des dépenses de fonctionnement tout en étant offensif avec un niveau d’investissement important.



Mais avant de détailler ce qui nous semble important dans ce budget, je souhaiterais évoquer sa particularité : il ne tire plus l’essentiel de ses recettes de la taxe professionnelle, laissant planer des incertitudes sur notre indépendance financière.

La taxe professionnelle était une ressource essentielle des collectivités locales et des EPCI. Établie dans chaque commune où le redevable dispose de locaux et de terrains, la TP était perçue par le Grand Lyon, le département et la région.

La taxe professionnelle constituait une ressource essentielle pour les collectivités territoriales. En 2008, elle représentait 43,9 % du produit des quatre taxes locales (41,2 % pour le secteur communal et intercommunal, 44,5 % pour les départements et 63,6 % pour les régions).

La réforme a été votée le mois dernier et validée par le Conseil Constitutionnel le 29 décembre. La suppression de la Taxe Professionnelle est effective depuis le 1er janvier 2010. Cette année, pour compenser les pertes de revenus liées à la taxe professionnelle, nous devrions recevoir "une compensation relais avec la garantie" d’être "au moins équivalente au produit reçu en 2009, corrigé, le cas échéant, des variations du taux de la cotisation locale d'activité", d’après ce qu’a précisé le Premier ministre devant le 92e Congrès des maires et des présidents de communautés de France.



La TP ( qui a rapporté au Grand Lyon près de 523 M€ en 2008 ) sera remplacée par une contribution économique territoriale (CET), composée d'une cotisation foncière des entreprises (cotisation locale d'ativité, CLA), estimée à 142 M€ sur une base 2008, et d'une cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), estimée à 150 M€. Ce dispositif sera complété par une partie des impôts ménages avec la Taxe d’Habitation dont le produit est estimé à 111 M€. Une dotation de l’État permettra de maintenir le niveau de ressources que nous avions avec la TP et serait d’environ 104,5 M€.

Tout ceci ne nous permet pas d’être serein quant à l’évolution de nos recettes. En effet, le taux de la CVAE sera fixé au niveau national, nous n’aurons donc pas de marge de manœuvre dessus. Il en va de même pour les dotations de l’État que nous ne maitrisons pas. Nous pouvons être inquiets car rien ne garantit leur pérennité et leur évolution est incertaine. J’en veux pour preuve leur évolution cette année : + 0,3 %. Pour rappel, elle était de + 1,27% l’année dernière. Nous pourrions craindre, si cette tendance à la baisse se confirme, que les dotations diminuent d’ici la fin du mandat.



Tout le monde s’accordait à dire qu’il fallait réformer la taxe professionnelle, mais cela ne devait certainement pas se faire au détriment de l’indépendance financière des collectivités locales. «C'est se foutre du monde» dit d’ailleurs Alain Juppé. Diminuer le lien fiscal entre entreprises et collectivités n’était certainement pas non plus une bonne solution. Le groupe socialiste n’est donc pas satisfait de cette évolution des ressources du Grand Lyon qui témoigne d’une dépendance vis à vis de l’État et remet en cause son autonomie financière.

Revenons sur le budget 2010.

Tout d’abord, nos recettes évoluent plus vite que nos dépenses. Les dépenses de fonctionnement sont donc maitrisées. Ceci est évidemment important au regard d’une conjoncture économique toujours incertaine.

Notons que les frais financiers diminuent de manière très significative : moins 13,85 %. Ceci est dû en partie à un recours à l’emprunt moins important et à des taux qui ont baissé. Notons que notre collectivité, contrairement à d’autres, n’a pas contracté d’emprunts toxiques.



Les subventions sont elles maintenues à leur niveau de 2009, hormis celles destinées aux ZAC qui évoluent de manière importante. En effet, l’effort de notre collectivité est très important dans ce domaine qui est pour nous une priorité. Notre participation à l’équilibre des ZAC nous semble bénéfique pour notre territoire. En effet, comme l’a déjà dit Jacky Darne, un euro d’investissement par notre collectivité génère dix euros d’investissements par le privé. C’est donc un effet multiplicateur qui permettra d’entrainer 2 Milliards d’euros d’investissements par le privé à travers les 200 Millions d’euros consacrés aux ZAC par le Grand Lyon.

Notons aussi que nous avons de nouvelles compétences qui entrainent de nouvelles recettes, mais aussi de nouvelles dépenses. C’est le cas avec la compétence tourisme dont nous ne pouvons que nous réjouir et qui représente le poste principal.

Concernant la partie fonctionnement, j’aimerais compléter mon propos sur deux points qui me semblent importants. Le premier concerne l’enlèvement des ordures ménagères. Nous nous félicitons que le Taux ne change pas, et j’aimerais souligner que si les recettes augmentent, c’est parce que le volume traité est en croissance.



Enfin, il a été impératif d’augmenter de 5 centimes par mètre cube la redevance d’assainissement. En effet, nos concitoyens sont conscients d’une utilisation raisonnée de la ressource en eau. Mais s’ils utilisent donc moins d’eau, les charges fixes ne diminuent pas pour autant. Leur part dans le prix de l’eau augmente donc. Par ailleurs, de gros travaux sont nécessaires sur nos installations et génèrent donc des coûts qu’il nous faut financer.

La partie investissement de ce budget peut être qualifiée d’offensive, dans la continuité de 2009. Nous avons investi l’année dernière 411 Millions d’Euros, contre 395 prévus. Ce sont 445 Millions qui sont inscrits en Crédits de Paiement cette année.

Ce niveau d’investissements nous semble à la fois pertinent et nécessaire. Pertinent, parce que nous ne savons pas si nous serons en mesure de maintenir ce niveau d’ici la fin du mandat, que ce soit à cause de la conjoncture ou à cause de l’évolution de nos recettes. Mieux vaut donc investir maintenant puisque nous le pouvons. Mais c’est aussi nécessaire car notre plan de mandat est ambitieux et le nombre de projets est important.



Je vous parlerai donc des investissements qui me semblent stratégiques.

Le développement économique tout d’abord, qui est une nécessité pour maintenir le dynamisme de notre territoire. Les 17 Millions d’Euros le permettront, que ce soit à travers le soutien aux pôles de compétitivité et au tissu local, ou à travers nos ambitieux projets pour développer la métropole des savoirs.

Participant au développement économique, mais pas seulement, nos investissement pour développer le rayonnement international de notre métropole représentent près de 21 millions d’euros. Le tourisme est au cœur de ce dispositif, mais citons aussi notre nouveau festival de cinéma dont le lancement a été une réussite.

Les grands projets structurants sont nombreux. Avec près de 29 Millions d’investissements, nous allons poursuivre de beaux projets qui dessinent notre avenir comme la Confluence, ou le renforcement des centres urbains, comme à Décines ou Irigny.



L’habitat est aussi au cœur de ce budget. Rappelons l’engagement du Grand Lyon ces dernières années en faveur du logement social qui est passé de 4 M€ en 2002 à 57 M€ en 2009 soit pour cette année 4600 logements programmés dont 3000 PLUS et PLAI.

Les deux premiers postes de ce budget permettent d’agir directement sur la protection de l’environnement :

- les déplacements, avec 178 Millions consacrés aux transports en commun en grande partie,

- et la propreté avec 104 Millions consacrés à la gestion des déchets et à l’entretien des espaces publics.

Ce budget prévoit aussi de gérer le cycle urbain de l’eau sur le long terme. Il est pour nous crucial de veiller à ce que nos fleuves, qui sont une richesse inestimable, ne soient pas pollués.

La consommation énergétique est aussi un point non négligeable dans la défense de notre environnement. Nous sommes donc satisfait que cette nécessité soit prise en compte dans notre budget à travers un investissement de près de 10 millions d’euros.




Beaucoup d’autres projets seront lancés au cours de cette année et nous nous en félicitons. Le Groupe Socialiste et apparentés votera donc avec convictions ce budget 2010 qui nous est proposé.

Je vous remercie.

mercredi 6 janvier 2010

les cadeaux fiscaux de l'Etat aux entreprises

L'Etat a mis en place des allègements fiscaux au bénéfices des entreprises de près de 28,5 milliards d'euro alors que le budget de l'Etat a un déficit de 116 Milliards. Mais ces exonérations ont elles de quelconques conséquences sur l'amélioration de la compétitivité des entreprises ?

L'exonération des plus values de cession : en 2010, cela coutera 8 Mds d'euros et le but de ce dispositif (mis en place en 2007) était d'éviter la délocalisation des holdings financiers : Le gouvernement, malgré des questions parlementaires répétées, ne donnent aucun chiffre sur les effets de ce dispositif.

Un autre exemple, le crédit d'impôt recherche : il sera de 4Mds d'euros en 2010 contre 428 Millions d'euros en 2003 : seules les grands groupes bénéficient de ce dispositif qui aurait sans doute procédé à ces dépenses dixit le conseil des prélèvements obligatoires.

Enfin, la TVA sur la restauration qui coutera 3 Mds d'euros qui est considéré par tous aujourd'hui comme un échec puisque cette réduction n'a eu aucun effet ni sur les salaires ni sur l'emploi et trop peu sur les prix pratiqués.

Il faudra ajouter à cela la suppression de la taxe professionnelle qui fera perdre environ 8 Mds d'euros et assèchera les budgets des collectivités locales qui assurent 70% des investissements dans les territoires.

En conclusion toutes ces exonérations n'ont que très peu d'effet sur la compétitivité des entreprises, seulement sur les plus grandes qui sont celles qui résistent par nature le mieux à la crise.

jeudi 24 décembre 2009

Fêtes de fin d'année

Je vous souhaite de passer de très bonnes fêtes de fin d'année. Ce moment est l'occasion de se retrouver en famille et de partager des moments forts de convivialité. Que ces fêtes vous soient douces et agréables et vous fassent oublier, un temps, les difficultés de ce monde.

lundi 21 décembre 2009

Intervention au conseil du grand lyon du 17 décembre 2009

Intervention PS sur le débat d'orientation budgétaire

Monsieur le Président, mes chers collègues,

Nous débattons aujourd’hui des orientations budgétaires de notre communauté urbaine pour l’année 2010. Comme nous l’avons vu, le budget qui nous sera proposé en janvier prolongera l’action entreprise en 2008 et nous permettra de poursuivre l’application du plan de mandat.

J’aimerais tout d’abord attirer votre attention sur l’importance du lien entre les entreprises et le Grand Lyon à l’heure où la réforme des collectivités prépare la fin de la taxe professionnelle et ensuite vous démontrer que les objectifs même de la réforme ne sont pas atteints

Ce lien est à notre sens primordial. Nous considérons que les entreprises doivent être les partenaires des collectivités locales et inversement.




L’intérêt pour une collectivité d’avoir sur son territoire des entreprises est évident : elles génèrent des emplois. Elles sont donc nécessaires au bon fonctionnement de l’activité économique.

De même, les collectivités locales, à travers leurs actions, participent au développement de l’activité économique en favorisant la compétitivité des entreprises.

Le Grand Lyon intervient au niveau des universités avec le PRES permettant aux entreprises de bénéficier de salariés bien formés. La communauté urbaine participe au développement des pôles de compétitivité en soutenant financièrement un grand nombre de projets. La politique offensive de notre collectivité en matière de logement bénéficie indirectement aux entreprises en rendant l’agglomération attrayante pour les salariés. Enfin, à travers son action, l’Aderly incite de nombreux investisseurs à s’implanter dans notre région en leur offrant un service de grande qualité.




Ainsi, la communauté urbaine participe activement à la compétitivité des entreprises présentes sur son territoire. Son rôle est décisif dans de nombreux domaines. Les pôles de compétitivité dont nous avons parlé en sont le meilleur exemple puisque de nombreux projets seraient en difficulté sans notre aide.

Le groupe socialiste et apparenté considère que réduire le lien fiscal entre les entreprises et les collectivités locales serait une grave erreur. Ainsi, en réduisant fortement la perception de l’impôt par le Grand Lyon, la réforme de la taxe professionnelle nuit à l’activité économique de notre territoire. Quel intérêt aurons nous, en effet, à accueillir sur notre territoire des usines et des industries sans contreparties ?



Cette réforme est faite pour alléger les impôts des entreprises mais cela sera t il vraiment le cas ?

En pratique, d’une part, les professions libérales employant moins de 5 salariés pour lesquelles la taxation demeurera calquée sur l’ancienne taxe professionnelle ne verront pas de baisse de leur impôt. D’autre part, les industries seront dans le même cas car les locaux utilisés dans ce secteur sont généralement de taille importante et le mécanisme d’évaluation des locaux par la méthode comptable conduit à une imposition plus élevée que la méthode d’évaluation par comparaison applicable aux locaux commerciaux et aux bureaux. En outre, la contribution locale d’activité vient en doublon de la Taxe foncière qui est déjà payée par les entreprises à raison des immeubles qu’elles utilisent. On peut donc penser raisonnablement que les objectifs même de la réforme ne seront pas réalisés.

Mais à travers cette réforme, qui est une véritable recentralisation, le risque est de voir diminuer nos recettes et donc notre marge de manœuvre pour mener à bien le plan de mandat.



Si nous n’avons pas les moyens de faire cette politique pour laquelle nous avons été élus, ce seront les entreprises qui en pâtiront. L’activité économique de notre territoire en sera ainsi ralentie et cela aura des conséquences indéniables sur l’emploi, surtout dans la période de crise que nous traversons.

Nous continuerons donc notre politique d’investissement pour atteindre notre objectif d’un milliard 950 millions d’euros sur le mandat. Ainsi, ce seront 450 millions d’euros pour cette année 2010. C’est fondamental de poursuivre l’investissement à cette cadence car nous considérons que notre rôle en période de crise est de soutenir l’économie locale à travers l’investissement public. Mais c’est aussi fondamental d’investir pour continuer de bâtir une métropole dynamique et attractive pour l’ensemble des Grands Lyonnais. Malgré la crise, nous confirmons donc notre plan de mandat dont les orientations sont pertinentes alors que l’Etat ne nous aide pas et compromet l’avenir des notre agglomération !

Je vous remercie.

mercredi 9 décembre 2009

Un 8 décembre plein de surprises

Nous visitions hier soir avec Le Maire Thierry Philip, Jérôme Maleski, Anne Brugnera et Laurent Peiser, les quartiers du 3ème arrondissement qui proposaient des animations dans le cadre de la fête des lumières. Départ de la place Ballanche, où nous avons apprécié à sa juste mesure les "hommes debouts" habillés de lumières et de sons. Plus de 3000 visiteurs pour cette exposition interactive : c'est une très grande satisfaction pour les artistes et les habitants de ce quartier.
Ensuite, visite des commerçants du Cours Gambetta qui préparaient des animations pour le début de soirée : encore un quartier où les commerçants prennent toute leur place dans l'animation de leur territoire.
Départ pour la rue du Dauphiné qui organisait pour la première fois une manifestation en direction des enfants : ambiance chaleureuse et de super croissants fait maison !.
Un coup de scooter pour rendre visite aux commerçants et habitants de la rue Paul Bert où nous attendaient des artistes sur échasses, des sculptures sur glace et une méga tartiflette. Jean François BEl, le président emblématique avait mis toute son énergie à organiser cette soirée fort réussie.
Déplacement à Montchat : le cours du Docteur Long était laissé aux habitats et aux très nombreuses animations de rue. Beaucoup de monde, crêpe, gauffre ou vin chaud à la main. Je n'oublie pas les danseurs amateurs de la place Henri qui nous ont offert un spectacle de grande qualité. Merci à Serge Sciampi, sans lui Montchat n'aurait peut être pas d'aussi belle fête.

Enfin, Place Ambroise Courtois où nous organisions avec le 8ème arrondissement un grand spectacle des lumières autour du thème du cinéma et de la lumière. une seul mot : FABULEUX

Une visite de terrain comme je les aime pendant laquelle nous rencontrons les habitants, les commerçants et tous les acteurs dynamiques et engagés des quartiers. Etre élu ce n'est pas uniquement mener des débats que certains appellent "politiciens" mais c'est surtout d'être partie prenante de la vie de nos concitoyens. VIVRE ENSEMBLE

vendredi 4 décembre 2009

Identité Nationale

Je vous livre la réflexion deux enseignants chercheurs de L'université Lyon 2

ÉRIC BESSON ET LA FIGURE DE L’ENNEMI

Réflexions historiennes à propos d’un « débat sur l’identité nationale »

De toutes les figures de la « rupture » et de l’« ouverture » du régime issu des élections de 2007, celle d’Éric Besson est sans doute la seule qui garde intacte sa puissance de transgression de l’ordre politique en place. Les icônes de la « diversité » ou de l’héroïsme humanitaire – Rachida Dati, Bernard Kouchner… – se sont usées et banalisées dans la pratique du pouvoir et les jeux d’influence. De même, après Albert Camus, il est probable que les services de communication de la présidence de la République auront bientôt fini d’épuiser la liste des « grands disparus » disponibles pour occulter de leur ombre bienveillante la mesquinerie et l’impéritie du pouvoir en place. L’hégémonie médiatique et symbolique du pouvoir est de l’ordre de l’acquis.

Le débat sur l’identité nationale initié par Éric Besson, c’est autre chose. Un gadget, un instrument de communication, un leurre pour période de crise et de doute, tout ce que l’on voudra. Mais aussi et surtout, après le temps de la marginalisation politique de l’opposition socialiste et démocrate, tâche à peu près terminée elle aussi, arrive le temps, beaucoup plus sérieux, de la liquidation de son héritage dans les pratiques et les représentations de la société française. Non telle ou telle loi, institution ou élément de protection sociale, mais les principes mêmes d’une solidarité fondée sur le souci de l’autre et sur un idéal d’universalité. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, avec cette mise en scène extraordinaire d’un « débat » sur l’identité confié aux préfets et coordonné par le ministre en charge de la légitimation médiatique de la traque des « clandestins »1 : mettre en difficulté tous les citoyens ou habitants de ce pays qui prétendraient porter physiquement, culturellement ou philosophiquement une pluralité d’héritages, de pratiques et de valeurs les reliant à des univers sociaux et symboliques non contrôlés par l’appareil d’État français et hors d’atteinte de ses instruments de domination. Piéger les vagabonds de la mondialisation, rendre la vie impossible aux diasporas, jeter le soupçon sur les profils métis et les chevelures colorées d’ailleurs, dénoncer les fidélités extérieures ou les confessions religieuses incontrôlées. Bref, faire revivre l’utopie liberticide de l’unicité du peuple, de la terre et du pouvoir dans une solidarité inconditionnelle. Une solidarité non plus sociale, mais organique au sens physique du terme, et garantie par un pouvoir sur les corps médiatisé par la technique : vidéosurveillance, bracelets électroniques, écoutes téléphoniques, fouilles à corps, etc.

L’identité rassurante d’une « France éternelle de nos grands-parents » couleur sépia, pour servir de paravent à un pouvoir bio-politique déshumanisant.

Si Éric Besson a bien rang de ministre, il est en effet permis de douter de la matérialité de son action : ses attributions officielles ne lui donnent qu’une autorité théorique sur des administrations distinctes et des champs de responsabilité de la puissance publique qui ne répondent que très imparfaitement à ses « missions ». De fait, ce ministère est essentiellement un ministère de la parole et, à la rigueur, de la coordination de l’action administrative – même si l’on peut douter que le ministère de l’Intérieur lui concède ce pouvoir. Nous renvoyons le lecteur curieux au texte du « Décret d’attribution du 31 mai 2007 relatif aux attributions du ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement ». Au vu de ce texte, nous nous permettons de ne pas mettre les majuscules d’usage aux « domaines d’attribution » du ministre lorsque nous citons son titre sans guillemets, et d’omettre le « codéveloppement » (ajouté à l’ensemble pour des raisons aisées à deviner) pour lequel le ministre ne dit ni ne fait objectivement rien.

De l’Autre à l’Ennemi

Ce n’est pas un « débat », au reste, mais bien un rituel d’adhésion à une vérité révélée qui est proposé, comme l’atteste le mépris dans lequel sont tenus « intellectuels » et autres « sociologues », sans parler de l’opposition parlementaire : l’identité française n’est pas à construire, elle est, de toute éternité. Le palais de l’Élysée est son temple, le président son pontife, les « gens » ses humbles fidèles. Sans oublier Éric Besson en grand inquisiteur. Au sens vrai du terme, c’est donc une confession qui est demandée. Cujus regio, ejus religio, disait-on dans l’Allemagne du 16e siècle déchirée par les guerres de religion : tel roi, telle religion dans ses possessions territoriales. L’État français centralisé et unificateur a admirablement retenu et adapté la leçon, et c’est bien dans cette logique que l’on doit comprendre l’organisation proprement ecclésiastique du « débat », qui combine les grandes cérémonies de repentance des « crimes » de la Révolution imposées par la Restauration dans les années 1820 et les pratiques de conversion de masse des télévangélistes américains de la seconde moitié du 20e siècle. Ainsi sommes-nous invités à « naître à nouveau », pour retrouver l’identité perdue de la nation dans les vicissitudes de l’existence moderne et la mobilité générale de l’ère de la globalisation. Ainsi sommes-nous exhortés à chasser l’étranger en nous ou chez nous qui, selon les mots du ministre de l’Intérieur, entrave la politique de la « tranquillité nationale ».

Et c’est ainsi, également, que l’on doit comprendre les allusions répétées du président et de son fidèle ministre de l’immigration et de l’identité nationale à l’incompatibilité de la burqa avec cette même identité, et l’ordre donné aux préfets de mettre ce non-sujet au coeur des « débats » : c’est bien une guerre de religion et un choix d’allégeance qui sont proposés, les hérétiques aux « valeurs » de l’identité nationale étant « invités » à franchir à l’envers la ligne de défense de « l’Occident ». Croira-t-on qu’il ne s’agit que de quelques centaines d’extrémistes bien identifiés ? Ceux-là sont bien commodes, car personne, effectivement, ne veut « faire société » avec eux. Ils sont la providence du pouvoir. Mais on sait déjà par quels amalgames des pans entiers de la société peuvent être associés à ce rejet vertueux de la brutalité intégriste. Et ce sont en fait des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants ignorants de leur propre « impureté » identitaire qui seraient ainsi sommés d’accepter une relégation intérieure sans espoir dans des « banlieues » chaque jour plus ghettoïsées, ou expulsés là où leurs « coreligionnaires » supposés se trouvent déjà en masse, dans un « territoire de la guerre » qui s’étire de Gibraltar à l’archipel indonésien en passant par la Palestine et l’Afghanistan. Ironie de l’histoire, c’est la civilisation musulmane du Moyen âge qui définissait ainsi comme « territoire de la guerre » le monde extérieur au « territoire de l’islam », dans l’opposition du dar el-islam et du dar el-harb. La construction de l’ennemi est toujours un jeu de miroirs, et la haine est hélas plus douée que la raison pour trouver ses acteurs et leur confier les premiers rôles.

Penser cette construction des identités et de l’altérité comme une fatalité n’est toutefois pas la marque d’une compréhension du « sens de l’histoire », comme voudraient le faire croire les théoriciens cyniques du « choc des civilisations », mais au contraire, la preuve de sa négation : c’est justement parce que les civilisations ne sont pas des essences pures que leurs rapports, les modifications de leurs contours et leurs dynamiques internes ne sont pas prédictibles. L’islam n’existe pas comme civilisation armée pour un affrontement inéluctable : ce sont des élites politiques en mal de légitimité qui ont besoin d’un « péril vert » comme repoussoir et comme instrument de soumission de leurs propres populations. Et de fait, ce n’est jamais très bon signe quand un système sociopolitique – une tribu, une Église, un État – s’enferme de lui-même dans un processus de purification de son identité : cela signifie généralement que celle-ci n’a pas ou plus de consistance suffisante pour justifier l’ordre social en place, et que la désignation d’un ennemi est jugée indispensable par les dominants du système pour créer un lien de responsabilité morale entre ceux qui, ayant consenti à la destruction symbolique ou physique de l’autre, se trouvent dès lors obligés de renoncer à toute altérité personnelle et à toute conscience libre dans le collectif ainsi redéfini. Les exemples, hélas, abondent de tels processus d’exclusion.

Le vertige de la « purification » identitaire

Comment donc penser l’acte politique que constitue ce bien étrange « débat » dans le contexte de la France des années 2000 ? Les ethnologues praticiens de l’enquête de terrain savent par expérience qu’un mythe, un rituel, une pratique sociale, si singuliers soient-ils, ne se comprennent que par rapport à un tout, c’est-à-dire à une « culture ». Mais les sociétés développées sont complexes à saisir, justement parce qu’il est difficile de savoir ce qui fait « culture » et ce qui, malgré le triomphe des rapports marchands et de l’individualisme, continue à produire identités, conflits et exclusions de masse.

Claude Lévi-Strauss avait coutume de dire que dans les « sociétés chaudes » de l’Europe et de l’Amérique du nord développées, la souffrance était un principe moteur indispensable de la dynamique sociale, et que c’est par la frustration des désirs et l’anxiété sur le devenir individuel que l’on disciplinait la société dans le sens de l’innovation et de la croissance matérielle. Longtemps, le marché a suffi à générer cette pression. Mais le développement des États-providence sur les ruines des guerres mondiales a émoussé la compétition interne au jeu social en Europe de l’Ouest et y a habitué les populations à une solidarité universaliste incarnée dans des institutions paritaires et démocratiques. Pour abaisser drastiquement le coût du travail et les prélèvements sociaux dans un monde frappé par une crise systémique et redonner toute son importance au principe du struggle for life après un demi-siècle de modèle fordiste, il fallait donc aux élites gagnées par la théorie d’une lutte à mort pour les ressources, trouver un discours légitimant la rupture avec les pratiques de solidarité inscrites dans les principes démocratiques, en désignant un ennemi qui ne mérite pas cette solidarité, et justifie donc d’en sélectionner drastiquement les bénéficiaires. Et pour cela, l’étranger, le barbare, le polygame, le clandestin constituent des cibles idéales, éléments impurs à partir desquels la mécanique effrayante de la purification peut débuter tranquillement son oeuvre. Jusqu’au jour où plus personne ne peut la contrôler. En soi, bien entendu, les déclarations du président de la République sur la burqa ou sur la nécessaire protection des femmes contre la violence intégriste ne sont pas scandaleuses ; les réflexions à haute voix de la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie sur l’intérêt de la castration des délinquants sexuels relèvent plus de la démagogie populiste que du nationalisme ; les plaisanteries du ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux sur les « Auvergnats » peuvent s’apparenter à une triste mais banale inertie des représentations ; et le projet de lutte contre les « mariages gris » présenté par Éric Besson n’est pas sans fondement réel, même si c’est justement l’effet du droit français restrictif que de susciter, à la marge, de telles pratiques, et si la protection des âmes naïves est bien le dernier des soucis du ministre. Fort heureusement, les égoïsmes, les ambitions et les intolérances n’aboutissent pas toujours à un système coordonné de répression et d’élimination. Mais on ne peut s’empêcher de voir dans les faits et gestes du pouvoir actuel, et dans un grand nombre d’incidents localisés, surtout dans les grandes villes mais pas seulement, qui traduisent la sensibilité du corps social à cette tentation purificatrice, la menace d’une fusion des attitudes haineuses dans un mouvement d’ensemble d’autant plus dangereux que c’est la tête de l’État qui en exaspère les tendances. Dans ce contexte, l’organisation d’un « grand débat » sur « l’identité nationale » risque bien de produire un effet de cristallisation dramatique de l’image de l’Autre comme Ennemi.

De fait, c’est un nouveau paradigme politique qui est en train de surgir sous nos yeux, nourri des frustrations accumulées du corps social, instrumentalisé par une élite nihiliste, anxieuse de justifier l’ordre inégalitaire dont elle profite, et permis par la concentration inédite des moyens financiers, technologiques et juridiques entre ses mains. Un paradigme qui, au prétexte que l’autre ne mériterait pas la démocratie et la reconnaissance de sa dignité, tourne le dos aux valeurs démocratiques et à l’universalisme républicain, et menace d’infliger à tous, y compris à ceux à qui il promet sa protection armée, un despotisme inhumain. Or, il ne manque plus à ce paradigme mortifère qu’une dernière étape pour s’affirmer dans l’ordre des faits. Et cette dernière étape, nous y sommes. Une étape mortellement dangereuse pour tous ceux qui ne peuvent ou ne veulent s’inscrire dans la logique de purification identitaire portée par la crise morale actuelle de la société française (et, plus largement, des sociétés européennes), et qui risquent bel et bien, par l’altérité dont ils sont porteurs ou qu’ils s’obstinent à défendre comme une valeur, de se trouver livrés à une entreprise de haine collective incontrôlable.

Le président et ses serviteurs peuvent se dire qu’ils ont réalisé un « joli coup », en déstabilisant ou ridiculisant leurs adversaires et en captant à leur profit politique immédiat les aspirations identitaires d’une société déboussolée. Quand on gouverne par la théâtralité, et que les gouvernants sont des acteurs plus que des responsables, tout est jeu, tout est jouissance naïve de la situation. Élections régionales et présidentielle à venir, succession des réformes favorables aux intérêts des proches ou à la consolidation d’un pouvoir sur les organes de la société, les hommes au pouvoir ne voient pas plus loin, car ils ne savent pas ce qui les porte eux-mêmes, et sont incapables d’imaginer que leur success story soit due à autre chose qu’à leurs talents personnels.

Ce n’est certes pas la première fois dans l’histoire que des hommes et des femmes médiocres réalisent de « grandes choses », pour le meilleur ou pour le pire, parce qu’ils sont en phase avec une conjonction exceptionnelle et en saisissent intuitivement la dynamique historique, tandis que les plus capables sont entravés dans l’expression de leurs idéaux par l’état d’affaiblissement et de fragmentation du corps civique. Le problème est que, en l’occurrence, la symbiose entre les personnalités au pouvoir et les forces en jeu ne se limite pas à un court épisode de la vie politique nationale, elle engage dramatiquement l’avenir ; elle ne construit pas un modèle de développement, mais elle détruit les racines mêmes du système socioéconomique ; elle n’apaise pas les tensions entre les individus, les groupes, les organisations, elle les exacerbe jusqu’à la haine la plus pure. Non pas seulement dans le théâtre tragicomique du pouvoir politique, mais dans le système nerveux à vif du corps social, bien au-delà des capacités d’anticipation et de contrôle des apprentis-stratèges du « choc des civilisations » aujourd’hui aux affaires.

Figures de l’ennemi en miroirs

Dans ce contexte, Éric Besson peut être fier d’une chose : il a rendu extrêmement difficile l’exercice d’une pensée distanciée sur son action. Il suffit de parcourir les ouvrages, articles, sites et blogs qui lui sont consacrés pour être saisi par l’animosité, pour ne pas dire la violence, que cet individu suscite aussi bien en sa direction, de la part de ses adversaires, qu’en direction de ces derniers, de la part de ses défenseurs. Éric Besson est un formidable catalyseur de la haine qui suinte dans le corps social de ce pays malade. Il est, au sens propre, l’homme de la situation. Éric Besson sait pourtant qu’il peut jouir sans crainte de son goût irrépressible pour la transgression : le maître qu’il sert a déjà dilapidé le stock de valeurs – humanisme, tolérance, ouverture à l’autre, mémoire… – qui aurait pu servir à censurer son action. La gauche, les « intellectuels », les « droits-de-l’hommistes » sont condamnés au silence : on a volé leurs partitions, corrompu ou ridiculisés leurs grands airs. Comment invoquer contre lui Jean Jaurès ou Léon Blum ? La Résistance ou l’anticolonialisme ? Noms propres, noms communs, concepts et épithètes, rien n’a échappé à la logique de captation d’héritage du sarkozysme. « Oui » et « non » veulent aujourd’hui dire la même chose, c’est-à dire rien.

Est-ce à dire que l’on ne peut dire « non » à l’identité nationale définie et imposée par le pouvoir ? Certes pas, pour une raison toute simple : c’est que le pouvoir lui-même, par la violence de son entreprise, est en train, bien malgré lui, de redonner du sens aux mots. Pour que « oui » ou « non » veuillent dire quelque chose, il faut que l’on tue ou que l’on meure pour un « oui » ou pour un « non ». Porter un drapeau algérien dans les rues de Paris ou de Marseille par adhésion à une équipe de football, maudire la patrouille et lui résister après un contrôle d’identité de trop, mais aussi affirmer un mode de vie incompatible avec l’ordre sarkozyste – voir « l’affaire de Tarnac » –, c’est risquer sa dignité corporelle, sa liberté, voire même sa vie, dans la France de 2009. Le pouvoir n’a plus d’adversaire, il lui faut un ennemi, si possible unique par l’amalgame improbable de l’islamisme, de l’« ultragauche », de la délinquance et des « réseaux clandestins ». Or, en produisant cet ennemi par sa propre violence, le pouvoir se produit inévitablement, lui-même, comme ennemi. Et qui mieux qu’Éric Besson incarne cette figure de l’ennemi dans le jeu de miroirs de la construction du nous et du eux ?

Le débat sur l’identité nationale, c’est donc nécessairement aussi le débat sur l’identité nationale du pouvoir. Un débat que, n’en déplaise au ministre, le pouvoir peut perdre, comme l’attestent les épisodes révolutionnaires des 18e et 19e siècles durant lesquels des peuples sommés de confesser leur soumission à un pouvoir ont fini par assimiler celui-ci à la figure de l’ennemi, et l’ont violemment rejeté, pour se construire eux-mêmes comme souverains. Ainsi dans la France de 1830 et de 1848, même si les temps étaient différents et l’énergie de la « rue » pas encore comprise par le pouvoir. Et s’il est possible aujourd’hui que la société cède aux discours anxiogènes sur « l’ennemi de l’intérieur », il n’est pas impossible, non plus, que cette anxiété se transforme en fantasme de la trahison des élites. Qui sème la déraison ne peut savoir ce qu’il va récolter.

La relation en miroir des figures de l’ennemi ne peut cependant pas être pensée comme une symétrie absolue : car c’est une chose que de « produire » les dominés et les exclus comme ennemis, ainsi que le fait le pouvoir actuel, et c’en est une autre de désigner les dominants comme ennemis, ainsi que sont contraints de le faire les acteurs sociaux et politiques les plus conscients du désastre en préparation. Penser l’ennemi, toutefois, c’est apprendre à le connaître. Pour ne pas le sous-estimer, bien sûr ; mais plus encore – en direction de ceux qui n’entendent pas se résigner au triomphe d’une conception régressive de la nation et qui refusent tout autant le piège de la radicalisation violente –, pour comprendre que cet ennemi n’est pas seulement une voix, une volonté, un mode de pouvoir incarné, mais, au-delà de la figure conjoncturelle du traître de 2007, une réalité sociale puissante, cachée dans les replis de la souffrance sociale, cachée en nous. Tout le monde est possiblement Éric Besson. Tout le monde est agité par la tentation de rejeter le poids moral de l’humanisme universaliste et d’exprimer, dans une violence symbolique qui annonce une violence physique sans retenue, le rejet de l’autre, figure de l’ennemi à fouler aux pieds, à détruire, à nier dans tout ce qu’il a pu souiller de la pureté fantasmée de la « Nation » réconciliée par son sang versé.

Or, c’est justement parce que l’ennemi n’est pas un autre que sa liquidation, souhaitable ou non, est impossible, et que l’histoire est pleine d’épisodes de purification identitaire qui ont systématiquement tourné à la destruction de soi dans le désir jamais assouvi du meurtre de l’autre.

Empêcher l’irréparable

Que dire, que faire ? Les mots de la résistance intellectuelle, partisane ou associative ne rencontrent plus d’écho. Les journaux sont remplis de scandales et de drames, de tribunes péremptoires et de droits de réponse enflammés, sans que le cours des choses en soit dévié d’un iota. Au café du commerce, on a appris à plaisanter de l’apocalypse, et la violence de la rue est finalement presque décevante comparée à celle des fictions cinématographiques et télévisuelles. Il n’est même pas certain que la survenue d’un événement dramatique semblable aux violences policières du 17 octobre 1961 contre les Algériens de Paris provoque une réaction suffisante dans le pays. Et quant à prendre les armes par anticipation, comme la tentation s’en fait sentir non seulement dans les habituels mouvements révolutionnaires, mais également chez tous ceux que le souvenir de l’échec de l’humanisme européen à prévenir les crimes de masse du 20e siècle obsède et désespère, cela ne ferait que justifier l’emploi d’une violence infiniment plus cruelle et efficace par le pouvoir, ainsi justifié dans sa dénonciation obsessionnelle des « radicaux » et des « fondamentalistes ». Le basculement des opposants dans la violence est bien la finalité tacite du discours de la transgression permanente incarné par Éric Besson. Il est son horizon politique, son énergie morale, sa jouissance. « Camarades, voici l’alternative : le ralliement ou le terrorisme ». Et si nul ne peut dire à l’homme humilié ou menacé dans son être où se situe le seuil de l’acceptable, c’est la responsabilité de celui qui embrasse la situation dans sa globalité d’indiquer où il y a encore de l’espoir, où la parole responsable et l’intelligence méthodique ont encore du sens.

Ainsi, ce n’est ni par la peur ni par l’émotion que l’on peut espérer éveiller les consciences. Mais peut-être par le rappel opportun, adressé jusque dans les zones pavillonnaires les plus paisibles, qu’il y a un prix à payer pour retrouver l’unité du « nous » dans l’exclusion des « autres », et reconstruire l’illusion de la solidarité dans l’égoïsme insensible. Ce prix, c’est ni plus ni moins le renoncement à l’idée du bonheur. Comment, en vérité, espérer qu’elle survive un instant à la violence et à la discipline imbéciles auxquelles il faudrait consentir pour extirper la différence du corps social ?

Or, citoyens, résidents, hôtes de ce pays, nous ne sommes sans doute pas assez désespérés et aliénés encore pour renoncer au seul aspect de « l’identité française » qui, finalement, vaille d’être défendu et fasse consensus dans un pays où les relations de voisinage, même et surtout entre « gens du cru », oscillent en permanence entre hostilité et protestation d’amitié, exaspération quotidienne et jours d’émotions partagées : une certaine idée de l’existence, du prix des choses et de la fragilité du bonheur. Et cela, même Éric Besson est capable de le ressentir et, peut-être, de le comprendre avant qu’il ne soit trop tard.

Lyon, le 30 novembre 2009

Pierre Cornu et Jean-Luc Mayaud,

Enseignants-chercheurs d’histoire contemporaine des Universités

Nos textes sur notre blog : La Lampe-tempête. Poste de veille scientifique, politique et éthique

http://lampe-tempete.blog.lemonde.fr/

Il a tout à fait raison

Adrien DRIOLI a écrit sur FaceBook un commentaire tout à fait sensé et qui me semble intéressant de vous faire lire :

90 personnes attrapent la grippe H1N1 et tout le monde veut porter un masque. 5 millions de personnes ont le SIDA et personne ne veut porter de capote !! 1000 personnes meurent de la grippe A dans un pays riche, c'est une pandémie. Des millions meurent du paludisme en Afrique, c'est leur problème ... Faites tourner


jeudi 12 novembre 2009

L'appel de Montpellier

Je relais l'appel de Montpellier lancé par sa Maire afin que le droit au mariage pour tous devienne une réalité :

APPEL DE MONTPELLIER Samedi 14 novembre 2009 A l’initiative d’Hélène Mandroux Appel des maires en faveur de l’ouverture du mariage aux couples homosexuels Dix ans après la promulgation de la loi créant le PACS (Pacte Civil de Solidarité), nous saluons le succès de cette réforme majeure réalisée par la gauche. Créé pour offrir un statut à des couples qui ne peuvent ou ne veulent se marier, le PACS est de plus en plus prisé par les Français. En 2008, près de 145 000 couples ont souscrit ce "contrat conclu par deux personnes physiques majeures, de sexe différent ou de même sexe, pour organiser leur vie commune". Un chiffre en hausse constante depuis 1999. Ce constat témoigne de l’acceptation de ce contrat, alors que ses détracteurs le présentaient comme une menace pour le mariage, la famille et la société. Le vote de cette loi a été obtenu par des associations (de lutte contre le sida et de défense des personnes homosexuelles) constatant le vide juridique et légal auquel étaient confrontés les conjoints survivants des victimes du sida. Le PACS a conduit à une plus grande visibilité et une meilleure acceptation de la diversité des couples. Au fil des ans, les améliorations successives apportées à cette loi ont fait que le PACS est entré dans les moeurs, se rapprochant progressivement du mariage même s’il reste largement désavantageux en cas de décès d’un des partenaires, particulièrement aléatoire pour les couples binationaux. En une décennie, les mentalités ont évolué. La loi doit évoluer elle aussi. Nous estimons que le moment est venu de franchir une nouvelle étape en ouvrant le mariage aux couples de même sexe. En effet, les discours en matière de lutte contre l’homophobie ne seront crédibles que lorsque les pouvoirs publics auront mis un terme à une insupportable discrimination institutionnelle : celle consistant à réserver l’accès au mariage aux couples hétérosexuels. En 1999, avec le PACS, la France montrait le chemin de l’égalité des droits. Aujourd’hui, de nombreuses mairies de gauche reconnaissent les couples de même sexe. Une trentaine célèbre les couples pacsés par une cérémonie civile à l’Hôtel de Ville. Mais, en réservant le mariage aux couples hétérosexuels, la France est en retard par rapport à d’autres pays. L’appel que nous lançons est motivé par deux principes essentiels : l’égalité et l’universalité. En effet, nous considérons que l’égalité, principe fondateur de notre République, est compromise à chaque fois qu’une discrimination identifiée est maintenue en l’état. De la même façon, nous estimons que l’universalité, autre valeur fondatrice de notre République, est remise en cause lorsque notre pays refuse injustement la même protection et les mêmes droits à certains couples, en raison de leur orientation sexuelle. En oeuvrant pour l’égalité des droits, en promouvant leur universalité, c’est le pacte républicain, la cohésion sociale et le vivre ensemble que nous renforçons.

mercredi 4 novembre 2009

Identité nationale : il ne faut pas refuser le débat

Je viens d'entendre que le PArti socialiste refusait de participer au débat sur le thème de l'identité nationale. Je trouve cela stupide. Le PS doit faire des propositions et c'est sur ces propositions qu'il deviendra l'alternative possible. Le débat sur l'identité nationale est fondamental et je vous laisse lire la tribune de Gérard Collomb qui me semble t il reflète le sentiment de beaucoup de militants et personnes de Gauche et plus largement républicaine.

L’identité nationale ne se réduit pas à convoquer l’histoire ++ Par GÉRARD COLLOMB sénateur maire de Lyon, président du Grand Lyon,++ in Libération

Comme avant chaque campagne électorale, le président de la République s’empare du thème de l’identité nationale, qui serait menacée par l’intégrisme des uns et par le laxisme des autres. Dans sa campagne présidentielle, et au travers de la plume d’Henri Guaino, Nicolas Sarkozy s’était déjà fait le chantre de cette France aux «mille clochers» qu’il serait urgent de défendre.

A un moment où, dans le pays, son action se trouve mise en cause (doutes sur l’efficacité, à court et à long terme, de la politique économique, inquiétude face à la volonté d’éliminer tous les contre-pouvoirs : justice, médias, collectivités locales), la défense de l’identité nationale est à l’évidence un bon moyen de brouiller le jeu. D’où l’offensive d’Eric Besson, immédiatement prolongée par le président en direction d’un secteur jusque-là favorable mais aujourd’hui en plein doute : le monde paysan. S’engageant ainsi, le président de la République fait coïncider identité nationale et enracinement dans le terroir, au risque de sembler répéter de douteuses antiennes : «La terre, elle, ne ment pas !»

Le piège tendu à la gauche pourrait paraître grossier s’il n’y avait des doutes sur la capacité de celle-ci à prendre en compte des problématiques essentielles pour la vie quotidienne des Français : celle de la tranquillité publique, celle de la prise en compte de phénomènes migratoires accentués par une globalisation qui rapproche physiquement les pays en même temps qu’elle accroît les fractures qui existent entre eux. Faute d’avoir des positions affirmées sur ces problèmes, la gauche prête le flanc aux critiques d’angélisme, de laxisme, de complaisance avec les communautarismes ou, au contraire, de ringardisme républicain.

Nicolas Sarkozy peut donc espérer en tirer profit pour provoquer un réflexe de regroupement autour du chef, seul capable de défendre «la Nation».

Mais si, a contrario, la gauche se révélait désormais capable de prendre à bras-le-corps ces problématiques-là, elle aurait alors tout à gagner à engager un débat authentique sur l’identité nationale. Car, contrairement à l’idée développée par Nicolas Sarkozy, la nation n’est pas simplement donnée, mais construite. Certes, elle plonge ses racines dans l’histoire - dans toute l’histoire d’ailleurs, sombre ou glorieuse -, mais elle est aussi une volonté de tous les jours. Pour que la nation puisse être perçue comme le bien commun de tous les Français, plus largement le bien commun de tous ceux qui résident sur notre sol, il faut d’abord qu’elle soit porteuse d’espoir. C’est dans la misère des banlieues, dans celle des quartiers désertés par l’Etat, que se développent les intégrismes, les fanatismes, le rejet de l’identité nationale.

La France pourrait d’autant mieux relever ces défis qu’elle saurait présenter le visage d’un pays généreux, accueillant, terre d’une liberté qui résonne dans l’esprit des peuples du monde entier. Maire de Lyon, président du Grand Lyon, je sais quelles sont les conditions pour forger entre tous une communauté de destin. Il faut que chacun, quelles que soient son origine, sa religion, son opinion philosophique, ait la conviction qu’il est également respecté, que les politiques publiques, économiques, sociales aient comme perspective ultime de faire que personne ne se sente laissé à l’écart de la réussite commune. C’est ce que j’essaie de faire dans notre agglomération. Et c’est pourquoi il y a aujourd’hui une fierté grandissante de se revendiquer lyonnais. C’est ce sentiment-là qu’il faut faire resurgir au niveau national.

Cela suppose que chacun soit persuadé que l’Etat lui offre, aujourd’hui, les mêmes chances de réussite, où qu’il habite, quels que soient son origine et son statut social. Que le gouvernement agisse ainsi, et la question de l’identité nationale se posera avec moins d’acuité ! C’est le doute, l’aigreur ou le désespoir qui corrodent et qui affaiblissent l’identité nationale.

Défendre l’identité française ne saurait donc se réduire à convoquer l’histoire. C’est le présent qu’il faut bâtir, c’est l’avenir qu’il faut inventer. Car c’est ainsi, au-delà des inévitables contradictions d’une société, que se réalisera un nouveau consensus national, que se dégagera une véritable volonté de vivre ensemble dans une nation qui aura retrouvé sens et perspective.

C’est sur ce terrain que ceux qui souhaitent ouvrir une vraie alternance doivent placer le débat de l’identité nationale. Pour cela, ils ne sauraient manquer d’audace.

mardi 3 novembre 2009

Sarkozy et les discours recyclables

Je vous conseille d'aller voir sur cette video comment Notre Président se moque des agriculteurs : il leur sert deux fois le même discours en 8 mois d'intervalle : on voit quelle estime il porte au monde agricole. Jacques Chirac, lui, aimait la ruralité : il ne serait jamais permis cela

http://www.youtube.com/watch?v=I3mdpuduAPc

lundi 2 novembre 2009

La campagne des Régionales démarrent

Rendez vous sur le site de la campagne de JJ Queyranne : il est fait pour vous !

mercredi 21 octobre 2009

La réforme territoriale

Voici les réactions dans la classe politique au discours de Nicolas Sarkozy sur la réforme territoriale du mardi 20 octobre tirées du Nouvels obs :
Le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle ne fait pas l'unanimité, même pas à Droite. Cette réforme n'a qu'un seul but mettre la main sur les collectivités territoriales par un découpage inique. C'est faire croire que les élus s'en mettent plein les poches et qu'ils ne servent à rien en voulant supprimer 3000 élus qui ne représentent en terme d'indemnités en fait que 0,03% du budget des collectivités et dont 75% sont totalement bénévoles. Sarkozy est un véritable démagogue.

A DROITE:

- François Fillon, Premier ministre, UMP : le Premier ministre a estimé que la réforme des collectivités s'inscrivait "dans la lignée des lois de décentralisation", rejetant les accusations de jacobinisme de l'opposition. "Il s'agit de redonner de l'attractivité à nos territoires et pour y parvenir il faut réformer la gouvernance des collectivités locales", a déclaré le Premier ministre en réponse à une question (Assemblée nationale, mardi 20 octobre) .

- Marc-Philippe Daubresse, secrétaire général adjoint de l'UMP: "25 ans après la mise en place de la décentralisation, Nicolas Sarkozy vient de donner un nouveau souffle à la décentralisation, grâce à une réforme historique qui va simplifier, moderniser et optimiser le coût de la démocratie locale. Cette réforme, sonne le glas de tous les saupoudrages, gaspillages et clientélismes du passé". (communiqué, mardi 20 octobre)

- Bernard Accoyer (UMP), président de l'Assemblée nationale : C'"est un discours historique pour nos collectivités locales, pour l'avenir de la décentralisation et la maîtrise de la dépense publique. Les collectivités locales ne peuvent se soustraire à l'effort collectif de réduction de la dépense publique alors que leurs dépenses en représentent environ 20%. La réforme des collectivités territoriales s'inscrit également dans ce devoir économique et moral vis-à-vis des générations futures". (communiqué, mardi 20 octobre)

- Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République : La réforme proposée "c'est la mort de la commune, qui est un échelon démocratique essentiel, et du département". Elle se traduira par "une charge financière très forte pour les Français, une réduction du service public et la mise en place de structures bureaucratiques, intercommunales, interdépartementales et métropolitaines". (point presse, mardi 20 octobre)

- Philippe de Villiers (MPF), président du conseil général de Vendée: "ce projet aura pour conséquence de transformer les collectivités locales en établissements publics. La suppression de la clause de compétence générale pour les départements consiste à supprimer leur liberté d'initiative. De plus cette réforme intervient au moment où les collectivités vont perdre la liberté de fixer leurs ressources. A ce compte-là, les conseillers territoriaux pourraient parfaitement être remplacés par des fonctionnaires". (communiqué, mardi 20 octobre)

A GAUCHE:

- Laurent Fabius, ancien Premier ministre socialiste: L'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius, membre de la direction du PS, a demandé que la réforme des collectivités locales soit soumise à référendum. Il a estimé que le projet reposait sur "quatre piliers inacceptables" : un "mépris à l'égard des élus de proximité", un "étouffement financier des ménages", un "recul des libertés locales" et une "recentralisation". Laurent Fabius a aussi réclamé l'organisation d'un référendum sur le sujet. (Intervention au siège du PS, à Paris, mardi 20 octobre)

- Jean-Louis Bianco , député PS et président du conseil général des Alpes-de-Haute-Provence : "c'est une réforme stupide, illisible, impraticable. Ca fait partie de la démagogie chère à Nicolas Sarkozy (...) Il parle du millefeuille, de la complexité de nos collectivités locales mais il en rajoute deux couches : les métropoles qui vont être d'immenses machins" et "les pôles métropolitains". "Ce qui est typique c'est qu'on s'en prend aux collectivités locales qui, elles, sont bien gérées parce que l'Etat, lui, est incapable de bien gérer". (Déclaration sur RMC, mardi 20 octobre)

- François Rebsamen, sénateur-maire PS de Dijon (Côte-d'Or) : Nicolas Sarkozy ne supporte pas l'existence de contre pouvoirs locaux et veut donc démanteler la décentralisation pour tenter de mettre la main sur les collectivités territoriales (...) Ce projet de loi vise véritablement à réduire le nombre de collectivités gérées majoritairement par la gauche. Il nous faut donc combattre ce projet de loi. Ce combat aura lieu au Parlement, mais doit s'appuyer plus largement sur la mobilisation de tous les élus locaux et sur celles des citoyens qu'ils représentent". (Communiqué, mardi 20 octobre)

- Marie-Françoise Pérol-Dumont, députée PS, vice-présidente de l'Association des départements de France : cette réforme est "une attaque sans précédent contre la décentralisation, contre la démocratie locale, dont les premières victimes seront les Français eux-mêmes (...) Sans latitude pour exercer des choix politiques, la collectivité départementale perdra sa raison d'être, transformée de fait en agence de l'Etat, essentiellement chargée de distribuer des prestations sociales ! Quant aux communes (...) elles vont peu à peu disparaître, au profit de grandes intercommunalités construites au besoin à la hussarde sous l'autorité des Préfets"(Communiqué, mardi 20 octobre)

- Le Parti communiste français : "C'est une régression démocratique sans précédent qui est annoncée. C'est la France des décrets et des préfets que veut le président (...). Il affirme vouloir en finir avec +l'empilement des structures+ mais agit en fait pour éloigner la pratique du pouvoir des populations. Il dit permettre ainsi un fonctionnement +à moindre coût+ : c'est une aberration. La part des élus départementaux et régionaux dans le budget des collectivités est de seulement 0,04% ! Le mode de scrutin arrêté par le président est une régression (...) qui vise à permettre à une UMP de plus en plus minoritaire de garder le pouvoir". "Nicolas Sarkozy lie par ailleurs sa réforme à la suppression de la taxe professionnelle, preuve de sa volonté de retirer tout moyen d'action aux collectivités".(Déclaration sur RMC, mardi 20 octobre)

- Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche : Le chef de l'Etat propose "une réforme anachronique et néfaste. Alors que tous nos voisins européens avancent chaque jour vers une organisation institutionnelle plus décentralisée, le pouvoir se lance dans une opération de recentralisation et de reprise en main des collectivités locales (...) Le choix de mener de front la réforme administrative, la réforme fiscale, la réforme des compétences et la réforme électorale est une manière de verrouiller le débat parlementaire (...) Nous n'accepterons pas de passer le cou dans le noeud coulant de cette réforme en silence"( Communiqué, mardi 20 octobre)

- Arnaud Montebourg (PS), député et président du conseil général de Saône-et-Loire : Cette réforme "dont la suppression de la taxe professionnelle est la clé de voûte, signe la fin des libertés locales et de la décentralisation. La fin de la taxe professionnelle achève de détruire l'autonomie des collectivités locales". Cette réforme "précipitera dans la faillite de nombreuses collectivités locales dont une vingtaine de conseils généraux déjà en proie aux chutes de recettes liées à la crise". (communiqué, mardi 20 octobre)

- Bertrand Delanoë (PS), maire de Paris : "le chef d'un Etat dont le déficit s'élève aujourd'hui à 140 milliards d'euros n'est pas vraiment bien placé pour dispenser aux élus locaux ce type de leçon" (sur les dépenses des collectivités). Le mode d'élection des "futurs conseillers territoriaux au scrutin majoritaire uninominal à un tour constitue le véritable objectif de cette réforme, favorisant résolument un parti politique, l'UMP, dans la perspective du scrutin de 2014". (communiqué, mardi 20 octobre)

- Nicole Borvo Cohen-Seat, chef de file des sénateurs PCF et Parti de gauche (CRC-SPG) : "Contrairement à ce que dit le président de la République, cette réforme sonne le glas de la décentralisation: les départements et les régions perdent leur autonomie de gestion et ne pourront plus répondre aux besoins et attentes de leurs populations. Quant à l'intercommunalité forcée, elle annonce la disparition à venir de nos communes". (communiqué, mardi 20 octobre)

mardi 13 octobre 2009

Fin d'une vie, début d'une autre

Le directeur général du centre Léon Bérard a passé la main. Hier soir, nous étions plus de 300 personnes à être invité au départ de Thierry Philip de son poste de direction au CLB.
De nombreux témoignages ont montré à quel point Thierry a changé le monde la médecine au travers de sa VISION de la santé et de l'Homme.
J'ai eu aussi la confirmation que l'homme qui est décrit par ces amis et collègues est celui que j'ai découvert depuis 2 ans : Bourreau de travail, humain, fidèle, visionnaire, rigoureux, tourné vers l'autre et tendre. C'était un bel hommage qui lui a été rendu et il était mérité. Aujourd'hui, Thierry entame sa nouvelle vie (commencée depuis son entrée au Conseil régional), celle de la politique. Toutes les valeurs qu'il a véhiculées et qu'il a portées seront sans aucun doute dans les projets qu'il développera (et qu'il a déjà développés) dans les politiques qu'il mettra en œuvre. Je suis très fier de travailler avec lui et je sais que nous travaillerons d'arrache pied pour faire que la vie des habitants de notre arrondissement change, vraiment. Bon courage pour la suite.

vendredi 9 octobre 2009

Actualités, quand tu nous tiens

Diam's prend le voile : convertie à l'islam la chanteuse de rap après s'être mariée a décidé de prendre le voile : bizarre comme décision quand on connait un peu son répertoire : c'est son choix, je le respecte.
L'affaire F Mitterrand : Pourquoi Hamon a t-il embrayé sur les accusations lancées par Marine Le Pen ? a t on si peu de sens politique au PS ? ou n'a ton rien d'autre à dire pour exister ? Laa prostitution peut être condamnable moralement par certains, c'est un fait mais ce n'est pas cela que portait Le front national : il portait sur l'amalgame entre homosexualité et pédophilie : pour le FN c'est la même chose : où comment aller à la pêche aux électeurs ? C'est pour cette raison qu'Hamon a fait une énorme erreur politique.

Le Nobel de la paix à Obama : c'est l'homme de l'espoir pour les américains et pour le reste du monde mais il n'a pas encore marqué l'histoire du monde et de la paix pour que ce justifie ce prix. En effet, le jury a récompensé je cite : Le président américain, élu il y a moins d'un an, "pour ses efforts extraordinaires en vue de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples". Beaucoup d'autres candidats ont oeuvré pour la paix et Obama n'a encore rien démontré de tangible. Pour ma part, il ne suffit pas d'être Président des Etats Unis (même le meilleur) pour avoir le prix Nobel.

mercredi 16 septembre 2009

Visa Gold

Eric Besson vient de signer le décret instituant une carte de séjour "gold" : il s'agit de faire bénéficier d'une carte de séjour de 10 ans aux ressortissants étrangers qui investiraient 10 millions d'euros ou créeraient 50 emplois ou par le biais d'une société qu'ils détiennent au moins à 30% ou dont ils assurent la direction. C'est une nouvelle déclinaison de l'immigration choisie. Déclinaison de la rupture d'égalité qu'a instituée le Président de la République entre les "bons" étrangers" et les "mauvais étrangers" : c'est donc encore une manière de courtiser dans le camp des électeurs du FN et des villieristes. Attention qu'ils n'y aient pas bientôt une politique des "bons" français : ceux qui "travaillent plus pour gagner plus" et ceux qui freinent toujours des 4 fers aux réformes : mais ceci est déjà le cas avec les fonctionnaires : catégorie honnis par le gouvernement, qu'il faut supprimer : n'oublions pas que sans fonctionnaire, il n'y aura plus d'école de la république, plus de police nationale pour assurer la prévention et la protection des individus, plus de crèches pour faire garder nos enfants, plus d'inspecteur du travail...
Une majorité de français ont choisi Nicolas Sarkozy comme Président : j'espère qu'ils ont les yeux bien ouverts sur les politiques qu'il mène et donc pour ne pas refaire la même erreur

mardi 15 septembre 2009

Retour sur l'actualité

Après les dernières révélations par internet du comportement douteux de certains ministres : Brice Hortefeux, qui a du mal avec les auvergnats et Eric Besson qui fait un doigt d'honneur à un journaliste en plein interview, certains (des proches du Président) se posent la question de la dangerosité d'internet. En effet, ces moralistes de la première heure émettent l'idée de contrôler voire d'interdire certaines diffusions sur le web. Mais où va t on ? Big brother Sarkozy veut mettre la main sur un des derniers vecteurs d'expression libre. Je suggère à tout ces ministres qui se sont fait "piéger" de montrer à la population qu'une responsabilité d'Etat doit se parer de la plus grande exemplarité. Alors avant de vouloir interdire internet, prenenz de la hauteur et comportez vous en personne responsable et respectueuse d'autrui.

Un petit retour sur le forum des associations dans le 3ème arrondissement de Lyon. Pour la première fois ce forum s'est tenu sur la place Guichard. A la place de la formule étriquée habituelle, coincée dernière la mairie, nous avons pu samedi accueillir plus de 100 associations. Beaucoup de visiteurs se sont déplacés pour les stands mais aussi pour les animations qui se sont succédées toutes la journée. Un questionnaire d'évaluation a été complété par toutes les associations présentes et une réunion de débriefing aura lieu prochainement pour améliorer encore ce moment fort de la vie de notre arrondissement. Bravo à l'équipe technique de la mairie du 3ème qui a fait preuve comme d'habitude d'un grand professionnalisme.

mercredi 9 septembre 2009

Inauguration panoptik

Jérôme Maleski, notre 1er adjoint, chargé entre autres de la culture, nous propose très régulièrement des expositions à la mairie du 3ème. Partant du principe que la mairie est la maison commune de tous les habitants, il s'efforce avec succès de créer l'évènement. En ce moment, c'est un groupe d'artiste de la friche RVI qui expose ses oeuvres. Nous avons inauguré cette exposition surprenante, mais intéressante, la semaine dernière.
Ce vernissage a permis de découvrir des œuvres de différents types et surtout, deux musiciens qui nous ont fait découvrir une autre manière d'aborder la musique : surprenant, est effectivement le mot qui m'est venu tout de suite à l'esprit lorsque je les ai écouté.
Tous les artistes sont les bienvenus, il en faut pour tous les goûts et surtout il faut permettre la découverte de "nouvelles " cultures à tout un chacun.
Cette exposition se termine à la fin de la semaine

mardi 8 septembre 2009

Retour sur mes vacances




Vous vous direz peut être qu'il y a peu d'intérêt à raconter ses vacances. Cependant je souhaitais vous faire partager ce que j'ai apprécié durant cette période.
Ce qu'il faut savoir c'est que nous avons fait l'acquisition d'une petite maison à la montagne dans un petit village du sud de l'isère qui compte 50 habitants, 30 vaches et 5 chiens. C'était la première fois que j'y passais toutes mes vacances estivales. J'ai apprécié bien évidemment les randonnées, la vue sur les montagne, l'air pur et surtout de me retrouver avec ma compagne et nos filles pour partager des moments ensemble. Il est vrai que je mène une vie de fou tout au long de l'année entre mon activité professionnelle, mon mandat d'élus et j'étais donc très content de me retrouver au calme sans téléphone portable (car la zone est mal desservie) et sans internet.
Je crois avoir trouvé un véritable endroit pour me ressourcer car il est indéniable qu'il faut savoir prendre du recul et se reposer régulièrement pour être plus efficace : d'ailleurs Thierry Philip nous a prévenu en début de mandat : Attention au burn out ! Tout est donc une question d'équilibre et je crois que je l'ai aujourd'hui trouvé.

Changement de nom

Je viens de changer le nom de mon blog. Il s'appelle aujourd'hui : Lyon, ma cité.
Pourquoi ? Je crois en effet que cette nouvelle dénomination représentera mieux la "ligne éditoriale" de mon blog. Ce blog continuera à vous informer et à vous faire partager mes points de vue et j'espère à échanger avec vous.

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