Le Blog de Guy CORAZZOL

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mercredi 1 octobre 2008

Un congrès de survie au parti socialiste

Le congrès du parti socialiste qui s'est ouvert avec le dépôt des motions d'orientation sera celui de la survie. En effet comment continuer avec un parti qui se déchire depuis la défaite cinglante de Lionel Jospin en 2002. Déchirant entre personnalités qui confrontent au jour le jour leur égo démesuré pour faire passer leur personne et leurs intérêts avant le débat de fond. Mais déchirement sur la stratégie à adopter pour gagner enfin les prochaines élections : la Gauche représente actuellement 40 % du corps électoral, il manque donc 10 % pour gagner : que faire alors ? radicaliser notre discours pour accrocher l'extrême gauche ou ouvrir aux démocrates et républicains avec qui nous pourrions trouver des accords de fonds sur des bases solides ? La seconde solution me parait inévitable et surtout la plus pertinente. Gérard Collomb a pratiqué cette ouverture à lyon ce qui lui a permis de gagner haut la main les dernières élections municipales sans renier ses attaches politiques au parti socialiste (notons que Bertrand Delanoé n'a pas souhaité ce type d'alliance ce qui a permis à Jean Tibéri d'être élu dans son arrondissement !). Je vous joins le texte de la motion E soutenu que je défendrais pendant ce congrès. Nous reparlerons de ce congrès dans un prochain billet.

Bonne lecture - pour la lire cliquez ici

jeudi 4 septembre 2008

Un acte de médiation d'Arnaud Montebourg

Chères et chers camarades,

Je souhaite m’adresser solennellement à vous, après le dernier épisode des tristes convulsions dont le parti socialiste est malheureusement devenu la proie.

Résumons la situation : Le parti est comme un corps multifracturé ; des divisions accumulées sur les autres, des mésententes inexpiables ; la seule recomposition se profilant à l’horizon est celle organisée autour de deux prétendants à l’élection présidentielle.

Cette situation est une catastrophe, non pas en raison des deux personnalités, Bertrand Delanoë et Ségolène Royal, pour qui j’ai amitié et considération, mais en raison de l’affrontement sans limite et sans remède qu’ils nous préparent pendant les futures années qui nous séparent de 2012, précipitant le parti dans une nouvelle guerre des écuries présidentielles au moment où les Français sont aux prises avec de graves difficultés économiques et sociales, et la lourde inquiétude liée à la montée accélérée des périls internationaux.

Le principal parti d’opposition ne peut pas offrir à la France et aux Français une nouvelle division surajoutée à celles nombreuses existant déjà, car cette situation neutraliserait son expression, réduirait à néant son travail d’opposition et de rénovation de son projet.

C’est parce que nous avons ces si graves convictions en tête que nous avons décidé un premier acte de rassemblement au début de l’été en organisant la fusion de nos deux courants « Socialisme & Démocratie » et « Rénover, Maintenant ». C’était un acte courageux qui dépassait les anciens clivages. Il proposait surtout un nouveau cadre stratégique au parti, en marchant, grâce aux primaires ouvertes sur la société, vers le futur parti de toutes les gauches. Il proposait un rassemblement à l’intérieur du parti en mesure de désarmer l’affrontement programmé des présidentiables, de mettre un terme à la direction opportuniste du parti qui nous a mené là, et de préparer la rénovation du projet, et le renouvellement des équipes dirigeantes.

Nous avons décidé ensemble en réunion de contribution, vendredi soir à La Rochelle, de proposer l’élargissement de notre premier rassemblement à nos camarades, proches de Martine Aubry, de Ligne Claire ainsi que du Pôle Ecologique.

C’est armés de ces bonnes résolution qu’avec Christian Paul nous avons multiplié les contacts, les discussions avec ces partenaires afin de rapprocher les points de vue sur le fond. La question du premier secrétaire, entre Martine Aubry et Pierre Moscovici que nous soutenons, a bien sûr surgi comme un risque d’une nouvelle division entre nous. Là encore, il a fallu chercher à rapprocher les points de vue dans des efforts surhumains et bien peu payés en retour, en rappelant aux uns et aux autres que cette question ne se pose que si la motion que nous formerions devenait majoritaire.

En somme, j’ai dit à Martine et ses amis ainsi qu’à Pierre et les siens que Martine, tout comme Pierre, ne peuvent réussir l’un sans l’autre et doivent trouver un terrain d’entente.

Voilà mon travail de médiateur, de conciliateur ou de marieur qui pour l’instant n’a pas produit les effets attendus ! Je n’ai eu droit qu’aux quolibets et désagréables soupçons, alors que l’extrême gravité de la situation méritait compréhension.

Il faut donc reprendre le travail de conciliation et de constitution d’une majorité à partir de notre mandat tel que l’a défini Pierre Moscovici dans notre assemblée générale de vendredi soir.

Mais attention ! Si pour des raisons d’ambitions personnelles, nous ne parvenions pas à nous rassembler, il ne restera de nos efforts pour sauver le parti, que de la poussière.

Je dis à Martine et à Pierre : « Voyez vous maintenant, en tête à tête, et sortez avec un accord de rassemblement et de rénovation du parti. Vous serez remerciés par des dizaines de milliers de militants et des millions de Français d’avoir éviter l’aggravation des divisions au sein du premier parti d’opposition de gauche ».

Si nous échouons à nous rassembler autour d’eux, je vous le dis amicalement, je ne sais pas ce qu’il adviendra et ce que nous ferons. Mais il pourra être dit que nous aurons tout tenté pour réanimer ce parti à l’âme morte.

Je sais les efforts que vous avez fait vous-mêmes pour recoudre sur le terrain les déchirures et travailler à surmonter les désaccords. Je veux vous en remercier infiniment. C’est là notre responsabilité devant l’histoire de notre pays, qui pourrait un jour s’écrire sans le mot socialisme.

Nous avons 20 jours pour réussir.

Bien fidèlement à vous.

Arnaud MONTEBOURG

mardi 2 septembre 2008

Où va donc le parti socialiste ?

Le retour de la Rochelle sonne comme une nouvelle "gueule bois" pour nombre de militants malheureux que la guerre des égos prennent le pas sur le débat d'idées. J'ai signé la contribution "la ligne claire" d'abord parce qu'il me semble important de faire valoir le savoir faire d'une grande ville comme Lyon dans le débat national ensuite, parce que le parti socialiste doit d'abord s'occuper de construire un projet pour la France crédible auprès de nos concitoyens, enfin parce que le moment de la présidentielle n'est pas venue et que la priorité est de mettre en oeuvre une majorité stable au sein de Parti avec un 1er secrétaire portant la rénovation, capable de représenter tous les militants socialistes et de promouvoir une action politique de Gauche comme une alternative politique crédible à celle de Nicolas Sarkosy.
Les manoeuvres de ce début de Congrès sont habituelles : tous les protagonistes se jaugent, se jugent :c'est le round d'observation. Cette phase sera bientôt terminée lorsque les motions d'orientation seront déposées fin septembre : j'espère que le moment sera alors venu pour débattre de fond. Un leader se détachera alors "naturellement". Même si je ne suis pas d'accord avec la forme qu'à prise l'intervention de Vincent Peillon (interview sur RMC), il me parait évident qu'un certain nombre de nos leader membres des instances nationales de notre parti devraient passer la main à une nouvelle génération. Je souhaite néanmoins que ces "éléphants" puissent continuer à nourrir le parti de leur réflexion mais dans un autre cadre, comme le font par exemple Jacques Delors ou Hubert Védrine.
Au niveau du Département du Rhône,avant même que les débats aient eu lieu, les prétendants à la succession de Christiane Demontès ont déjà émergé dans la presse. Il me semble que c'est trop tôt. le ou la successeur devra porter un projet fort pour remettre en marche une direction départementale, qui malgré des efforts certes, n'a pas réussi à garder les nouveaux militants venus nous rejoindre lors de la présidentielle. Ce ne sera pas l'adhésion à 20 euros qui fera venir de nouveaux militants mais un projet du Parti socialiste ambitieux et crédible, une direction sachant s'ouvrir sur les plus jeunes, une direction qui saura parler aux salariés du privés pour leur dire combien leurs idées sont importantes pour construire un projet politique. Une direction à l'écoute, une direction de rassemblement, une direction de tolérance, une direction ferme sur les lignes politiques lorsqu'elles seront tranchées, une direction politique qui saura faire bénéficier à l'ensemble des adhérents de l'action et des idées des élus du PS aux manettes dans les différentes collectivités ou au niveau national, une direction qui saura faire le lien entre les militants dit de base et les élus :chacun devant avoir sa place.

A suivre ...

lundi 21 avril 2008

Pas assez de temps

Bon, je sais je n'ai rien écrit depuis le 18 mars.
J'ai quelques excuses : en effet, la prise de fonction à la mairie est chronophage et le temps me manque donc pour vous écrire. Laissez moi encore un peu de temps et ensuite je vous relaterai ma vie d'élu à la Mairie du 3ème et au Grand Lyon.

A bientôt donc

lundi 14 janvier 2008

Les Français contre une implication de Sarkozy aux municipales

PARIS (Reuters) - Une très large majorité des Français se déclare contre l'engagement de Nicolas Sarkozy dans la campagne pour les élections municipales, selon un sondage LH2 à paraître dans Libération. Selon cette étude, 72% des sondés et 63% des sympathisants UMP déclarent que le chef de l'Etat "ne devrait pas s'impliquer dans la campagne des élections municipales" de mars, 19% des personnes interrogées jugeant l'inverse. Nicolas Sarkozy a indiqué mardi qu'il s'engagerait dans cette campagne "à la place qui est celle du président de la République", jugeant le concept d'élection dépolitisée "absurde". Selon LH2, 79% des électeurs iront voter "en pensant plutôt aux enjeux qui concernent (leur) ville" et 20% "aux enjeux nationaux". Parmi les motivations de vote, 49% des personnes interrogées citent "le programme ou les propositions des candidats", 26% "le bilan du maire sortant", 14% "la personnalité des candidats" et 9% "l'appartenance politiques des candidats". Le sondage a été réalisé les 11 et 12 janvier auprès d'un échantillon de 1.002 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Jean-Baptiste Vey

dimanche 23 décembre 2007

UNe petite video du père noël

Joyeux noël et n'hésitez pas aller sur le site www.tetesaclaque.tv car ils sont vraiment très drôle.

mercredi 19 décembre 2007

"Pour un contrat de rénovation" : le texte complet et les premiers signataires

Au-delà des responsabilités et des dysfonctionnements de quelque nature que ce soit, la défaite présidentielle de 2007, la troisième consécutive, renvoie aux lacunes fondamentales, idéologiques et programmatiques des socialistes français.

Malgré la mobilisation des jeunes, des cités, la reconquête d’une partie des votes populaires, nous n’avons pas répondu aux attentes essentielles des français : la protection face à la mondialisation, la préservation de la sécurité sociale, la juste répartition des revenus et des prélèvements, la place, la valeur et juste rémunération du travail, la garantie de la promotion individuelle, l’articulation des droits et des devoirs... Face à un Sarkozy organisant les divisions internes des couches populaires et moyennes, nous n’avons pas su proposer à l’ensemble de notre base électorale un nouveau pacte social et territorial fédérateur.

Lire la suite...

dimanche 9 décembre 2007

"Trois remèdes pour sauver le Parti Socialiste" par Arnaud Montebourg

Inutile de nous mentir : nos militants nous quittent, quand ce ne sont pas nos élus ou nos dirigeants ; la crédibilité et l’autorité de la direction est effondrée ; sur tous les sujets, des positions contradictoires apparaissent entre une multitude de locuteurs, lorsqu’elles ne changent pas d’une semaine sur l’autre.

Quand on questionne un électeur du Parti socialiste, il répond souvent qu’il va voter socialiste la mort dans l’âme parce qu’il ne peut pas faire autrement, mais ils semblent de moins en moins nombreux à vouloir faire cet effort.

Quand on questionne n’importe quel dirigeant socialiste sur cette multifracturation du corps du Parti socialiste, il répond qu’il veut bien travailler avec d’autres, à condition qu’il n’y ait ni untel ni untel, c’est-à-dire souvent tous les autres... Que faire pour sauver le Parti socialiste et avec lui, offrir au pays une alternative politique sérieuse au sarkozysme ?

Premier remède : nous débarrasser du virus de la présidentielle qui détruit le parti.

Pour éviter que le PS soit pris en otage par les légitimes ambitions des présidentiables, il faut organiser la sélection du candidat socialiste dans des primaires à l’italienne, avec le peuple de gauche, à l’extérieur du parti selon un calendrier et des règles, dont le parti sera le garant.

Dans une telle configuration, nous devrions ainsi faire l’économie de nouvelles batailles rangées pour la conquête du parti entre les futures écuries, dont les positions seront artificiellement opposées pour les besoins de leur combat.

Une telle résolution nous évitera une interminable primaire pendant quatre ans, funeste guerre intérieure, match épuisant que nous avons connu dans le parti entre 2002 et 2007 qui empêcha toute émergence d’orientation nouvelle, et consomma le peu d’énergie rénovatrice qui restait aux militants.

Dans ce cadre épuré, le Parti socialiste pourra remettre en état de marche ses fonctions vitales aujourd’hui sinistrées : fabrication des idées, écoute de la société, rassemblement des forces et des citoyens autour de son projet et... opposition constructive et percutante !

Deuxième remède : restaurer l’autorité de la direction et du futur Premier secrétaire.

Ce dernier, garant de la réussite de la primaire à l’égard de toute la gauche, devra accepter l’incompatibilité déontologique avec le statut de candidat à la primaire, disposant ainsi d’une autorité restaurée et incontestée sur le processus de rassemblement de toute la gauche.

On comprend dans une telle configuration pourquoi le passage au système de représentation majoritaire dans le Parti socialiste au détriment de la proportionnelle qui permet l’expression des différences, serait inutile et dangereux, car il empêcherait à la fois le rassemblement des socialistes et l’élargissement du Parti socialiste à un grand parti de toutes les gauches, agrégeant les forces situées sur sa droite et sur sa gauche. Ceux qui proposent de passer au système majoritaire pour être prétendument en phase avec la Vème République prennent le risque grave de faire éclater le Parti socialiste en le sectarisant dans le champ politique des gauches.

Troisième remède : organiser notre mutation dans le dépassement de nos anciens désaccords.

La stigmatisation réciproque des socialistes par d’autres socialistes est aussi creuse que néfaste. On se qualifie réciproquement d’archaïque ou de social-libéral dans des procès qui n’ont plus de sens, car la société dans son évolution rapide a périmé la pertinence de ce genre d’empoignades.

L’éloignement du Parti socialiste à l’égard des perdants de la mondialisation, qui subissent l’insoutenable pression libérale sur les revenus de leur travail et perdent tout espoir dans l’avenir, est une constante de tous les partis du centre gauche au sein de l’Union européenne.

La montée dans tous les pays européens d’un scepticisme à l’égard de la réussite économique de l’intégration Européenne, l’incapacité des gauches européennes à assumer une révolution intellectuelle sur la nature et la portée des protections que couches populaires et classes moyennes attendent d’elles, l’absence de pensée et de stratégie sur la question identitaire de la Nation, ou sur le difficile problème de l’immigration, dessinent la nécessité d’un nouveau projet. Le directeur de la Fondation Ebert du SPD, Ernst Hillebrand, pose lui-même dans ces termes ce qu’il appelle "l’incontournable réorientation de la gauche européenne" en constatant que "les projets de réformisme technocratique -style "troisième voie" ou "nouveau centre"- ne sont plus capables de mobiliser suffisamment d’électeurs."

Ce nouveau projet sera le déclencheur d’une recomposition importante dans la Gauche française, et en son cœur, le Parti socialiste, rangeant dans les placards du passé les clivages éculés, entre la première et deuxième gauche (Congrès de Metz et Rennes) ou épuisants, entre le oui et le non (Congrès de Dijon et du Mans).

Les échecs électoraux nous obligent, pour gagner, à réviser réciproquement de nombreuses positions pour faire travailler ensemble la gauche et la droite d’une même gauche.

Ainsi en est-il par exemple de la révolution écologique qui se prépare, elle réconciliera les protectionnistes et les croyants internationalistes du libre-échange dans l’exigence d’une puissante régulation environnementale de la mondialisation, qui sera certainement le premier retournement sérieux depuis le début du mouvement de dérégulation initié dans les années 80 par Margaret Thatcher et Ronald Reagan.

Cette nouvelle gauche française d’esprit européen aura à imaginer les nouvelles règles du jeu que les Etats ont renoncé à imposer à l’économie, et que les droites néolibérales européennes, tout à leur dogmatisme, seront incapables de proposer. Elle réconciliera également les conservateurs de l’Etat Providence avec les modernisateurs en dégageant une nouvelle donne économique et financière pour organiser son sauvetage là où les droites en assurent le démantèlement méthodique.

Cette audace intellectuelle et politique est le seul chemin possible vers l’alternance. Il supposera de grands sacrifices pour chacun d’entre nous, car chaque socialiste que nous sommes, sera conduit à aller vers autrui, avec qui il a pris l’habitude de ne plus s’entendre.

Mais j’ai l’intime conviction qu’ils sont la voie du salut commun.

Arnaud MONTEBOURG

Député socialiste de Saône et Loire

Tribune publiée dans Libération du jeudi 6 décembre 2007

jeudi 15 novembre 2007

Arnaud Montebourg et le nouveau Traité européen

Le PS a dit oui au Traité européen. Êtes-vous d’accord et pourquoi ?

A. Montebourg : Je n’ai pas approuvé cette position. J’ai préféré l’abstention devant le Bureau National du Parti Socialiste, en voici les raisons :

Le Traité a été amélioré mais dans son ensemble, il est assez similaire au premier. C’est une des raisons pour lesquelles mon sentiment est mitigé.

Je crois sincèrement qu’on ne peut pas dire non une nouvelle fois, car un deuxième non serait cette fois fatal à l’Europe et cela je ne le souhaite pas, puisque j’ai porté un non fondamentalement pro européen.

Il est tout aussi nécessaire d’enregistrer les progrès contenus dans ce texte. Quels sont-ils ?

- Ce n’est plus une Constitution qui nous engagerait pour longtemps, c’est un Traité révisable comme les autres Traités, c’est un premier progrès.

- Deuxièmement, il n’y a plus la 3e partie. Tous les problèmes graves qui pèsent aujourd’hui sur l’avenir de l’Europe étaient figés et gravés dans le marbre constitutionnel et libéral de la 3e partie de l’ancien Traité Constitutionnel. Pendant la campagne référendaire, j’avais dit que si on n’avait pas mis la 3e partie j’aurais certainement voté oui, parce qu’il y avait également la Charte des droits fondamentaux qui nous rassemble. La 1ère partie améliore le système de prise de décision de l’Union Europénne (un exécutif plus stable, un Parlement renforcé, une Commission plus responsable) et constitue donc un progrès. On a conservé cette 1ère partie pour les futures prises de décision européenne, c’est un point positif.

Puis, il y a un certain nombre de légers progrès, certes très homéopathiques et infinitésimaux, comme la base juridique que nous réclamions tant pour fonder une protection européenne des services publics, ainsi qu’un début de recul du dogme de « la concurrence libre et non faussée ». Voilà pourquoi, il est difficile, et à mes yeux déraisonnable, de dire non.

Pourtant, chacun voit bien que nous sommes bien loin du compte de ce que nous sommes en droit d’attendre d’une réorientation moins libérale de l’Union Européenne. Car tous les problèmes de l’Europe sont devant nous : la question des frontières, des futurs élargissements, du dumping fiscal, social et monétaire avec l’indépendance toujours consacrée de la Banque Centrale Européenne, de l’absence de budget et d’impôt européen. Et sur ces questions-là, le Traité n’apporte aucune réponse et organise même des points de blocage dans les évolutions que nous souhaitons.

Lorsque nous disons qu’il vaut mieux s’abstenir, cela veut dire : s’abstenir de le bloquer. Cela veut dire que nous pensons qu’il est raisonnable de ne pas faire obstacle à ce Traité. Et nous verrons bien comment il permettra aux européens qui l’ont négocié de régler les problèmes considérables posés à l’Europe dans les mois et les années qui viennent.

Que pensez vous de la procédure parlementaire de ratification de ce Traité ?

Arnaud Montebourg : J’ai un grave problème par rapport à cette procédure. Je pense que les Français qui ont décidé de dire non en 2005 sont les seuls à pouvoir dire oui et ils ne pourront le dire eux-mêmes que par la voie d’un référendum dûment organisé. Ce n’est pas une injure que de demander le parallélisme des formes en exigeant la tenue d’un référendum. Les Français qui se sont appropriés la question européenne auraient, je crois, le désir de continuer cette construction avec leurs dirigeants européens.

Telle est la raison pour laquelle je ne me sens pas l’autorité de décider aux lieu et place des citoyens qui ont dit non en mai 2005. C’est une des raisons pour lesquelles probablement je refuserai, en conscience, de prendre part au vote de ratification du Traité de Lisbonne.

jeudi 8 novembre 2007

Traité européen : Oui ou Non ?

Tout d'abord, voyons les dispositions du nouveau traité qui s'appelera "traité sur le fonctionnement de l'Union" et qui a été adopté par tous les Etats membres de l'Union européenne.

Le terme de constitution disparait ainsi que la référence aux symboles même s'ils continuent d'exister ; mais surtout, la partie III du traité constitutionnel est retirée totalement du nouveau texte. Cette partie fixait les politiques et le fonctionnement de l'UE.

En revanche, des éléments sont sauvegardés sans grande modification :les principales innovations institutionnelles telles que la présidence stable et la composition réduite de la commission. La référence à la concurrence libre et non faussée a été retirée. L'extension des domaines à majorité qualifiée entraine un renforcement du pouvoir du parlement en particulier dans le domaine des politiques judiciaires et des coopérations policières. Le droit d'initiative citoyenne est maintenu ainsi que la règle de la double majorité (55% des Etats et 65% de la population) mais est reportée, à la demande de la Pologne, en 2014. La charte des droits fondamentaux n'est, quant à elle, pas reprise in extenso mais fait l'objet d'une référence lui donnant une force contraignante. Voilà pour l'essentiel. Certains à Gauche souhaiteraient que ce traité soit ratifié par référendum, dont je suis. En effet, le peuple ayant refusé le traité par référendum, il serait normal de respecter un parallèlisme des formes. En revancche, je suis en accord avec cette évolution et si je devais voter lors d'un référendum je voterais OUI sans hésitation alors que j'avais voté NON au traité constitutionnel.

mercredi 31 octobre 2007

Remarques sur l'actualité

Sarkozy voit son salaire passé de 8300 euros brut à 18000 euros brut par mois ce qui fait une augmentation de 46% de son salaire. Sachant qu'il ne dépense rien puisque tout est pris en charge par la République, son argent de poche coute cher à la France : Gagner plus sans travailler plus c'est la vrai rupture !
Encore notre Président. Il quitte une interview énervé par une question sur l'ex femme de sa vie :


Un autre bougre, Claude Allègre qui a dit qu'il quittait le Parti socialiste à la fin de l'année : au moins un qui comprend qu'il n'y a plus sa place ! Plus surprenant il vient de déclarer, dans une interview à Libé :"Je trouve Ségolène très bien, responsable. Notamment dans l’interview qu’elle a donnée à Libération (22 octobre 2007). Elle donne l’impression qu’elle a eu une réflexion sur son échec. Venant de moi, ce compliment n’est pas suspect de complaisance ! Dans mon livre (1), je montre ses insuffisances et ses qualités. Et moi, contrairement à mon ami Jospin, je ne pense pas que Ségolène soit éliminée du jeu." Quel virage à 360° ! sincère ou manipulateur ? chacun jugera !

mercredi 17 octobre 2007

Razzye Hammadi et la Rénovation des pratiques

Razzye Hammadi, président rénovateur du MJS, vient de faire l'objet d'une mare dans le canard enchaîné d'aujourd'hui.






Razzye Hammadi a été envoyé dans le nord pour affronter la fille Le Pen. Mais les militants, qui parfois refusent que la direction du parti les prennent pour des imbéciles, ont menacé Razzye de présenter des listes dissidentes. Il a donc fallu replier le parachute, le remettre sur le dos, et trouver une nouvelle piste d'atterrissage. Comme il n'y a rien de mieux pour atterrir qu'une ville avec un aéroport célèbre, c'est à Orly qu'il a été envoyé. Mais là aussi, certains militants se rebiffent et refusent de laisser un parachuté conduire la liste aux municipales. C'est à ce moment, que notre ami décide de trouver une ruse.



Comment s'assurer tranquillement l'investiture? Faire adhérer du monde bien entendu. Mais comment faire quand on ne connaît personne dans la ville de la section? Faire venir des amis des autres départements, c'est si simple pourtant!!!



C'est ainsi que plusieurs membres du MJS (membres pour certains des instances dirigeantes) qui n'ont rien à voir avec Orly ont déposé une demande d'inscription sur les listes électorales de la mairie.



Peut-être ces jeunes là souhaitent-ils s'installer en région parisienne et nous serions vraiment de mauvaise foi? Peut-être travaillent-ils dans le secteur et nos critiques tomberaient en partie à l'eau ? Peut-être, mais, et pour ne prendre que cet exemple, qu'est ce qui a poussé JR M, salarié au Conseil régional PACA à déposer une demande d'inscription à la mairie d'Orly? Il est vrai qu'en prenant le premier TGV du matin, il peut regagner Marseille avant l'ouverture des bureaux au Conseil régional...



Nous pourrions pointer tant d'autres contradictions, relever tant de dysfonctionnements insupportables , en fait, il n'y a pas de justification possible. Razzye Hammadi doit croire qu'en politique toutes les combines sont possibles. Malheureusement pour lui, en politique, dans la vraie politique, il y a des règles à respecter. Passant sa journée à donner des leçons de rénovation sur les plateaux TV, Hammadi ferait mieux de s'appliquer ces principes à lui-même. Nous espérons que le Nouveau Parti Socialiste qu'il appelle de ses vœux, n'est pas qu'une pâle et dégoûtante copie de l'ancien. Mais comme le dit le journaliste du canard « même un jeune de 28 ans peut faire de la politique à l'ancienne » !

jeudi 27 septembre 2007

Travailler plus, pour gagner plus

Jean François Copé ancien ministre à Bercy est devenu avocat d'affaire dans un prestigieux cabinet. Il travaillera à temps partiel, le vendredi et le samedi pour faire des médiations et non des plaidoiries.

On voit mal où J F Copé qui est déjà député, Maire, Président d’agglomération et Président du groupe UMP à l'assemblée , trouve le temps de faire de la médiation pour un cabinet d'avocat.
Superman le Copé!!!

lundi 24 septembre 2007

Remaniement du gouvernement

Je trouve cela très drôle : je vous le fais donc partager !

lundi 17 septembre 2007

Le Jospin nouveau est arrivé

Lionel Jospin publie un nouveau livre dans lequel il tire à boulet rouge contre Ségolène Royal. Je vous invite à lire les extraits et les articles du Libé d'aujourd'hui.
Il perd en 2002 malgré un bilan très positif et quitte la vie politique surement vexé de ne pas avoir été au moins au second tour. Ensuite, il écrit, ou intervient dans les médias pour donner son avis. Il le fait au moment du référendum sur le traité européen pour affirmer la position du OUI, mais le NON l'emporte. Il revient ensuite pour dire pourquoi il ne votera pas pour Ségolène Royal au moment du débat interne du Parti ; elle est désignée avec 60% des voix. Aujourd'ui, il nous explique que Ségolène Royal est la seule cause de notre défaite.
Un peu d'humilité assortie d'un peu d'objectivité de sa part aurait grandi le personnage.

Je ne comprends pas pourquoi un homme qui a été un grand homme politique, pour son Parti, pour la France est devenu aussi aigri.
comment fait il pour se mettre au niveau de Claude Allègre, notre champion toutes catégories de l'anathème politique contre son propre camps.
Je me permets un conseil : Lionel, ton temps politique est terminé, essaie la pêche !

Le temps est aujourd'hui à la reconstruction du Parti socialiste et, si nous souhaitons jeter les bases d'un véritable travail commun, ce sera d'abord en réaffirmant les valeurs communes qui portent notre ambition collective. Ce n'est donc pas en faisant actes de destruction que nous avancerons sur le chemin de la rénovation.

Rappelons nous de nos valeurs communes, débattons de ces valeurs, mettons nous d'accord et ensuite débattons et tranchons nos différences

vendredi 14 septembre 2007

Arrêt sur image, le retour sur le net

Daniel Schneidermann le créateur animateur de l'émission "arrêt sur image" vient de lancer un nouveau concept. En effet, aucune chaine de télévision n'ayant souhaité reprendre son émission, il lance une contribution pour mettre en place son émission sur le web. C'est pour cette raison que je vous invite à aider cette initiative. %%% Je mets à votre disposition la bannière d'arrêt sur image pour vous permettre d'aller sur le site. Ce sera ma contribution à cette noble cause démocratico-médiatique.%%%
ASI

jeudi 13 septembre 2007

La cour des comptes donne des leçons à la sécu

La cour des comptes vient de publier un rapport sur les comptes de la sécurité sociale. Certains éléments sont mis en exergue par le 1er Président de la cour (qui n'est autre que Phillipe Seguin, pas très connu pour ses sympathies de gauche). IL dénonce en effet, au titre des dépenses, que les médecins les plus aisés, les spécialistes, se sont vus attribués des revalorisations qui ont conduits à augmenter leur revenu de plus de 3% par an depuis 5 ans (moins de 2% pour les généralistes) sans que ceux ci n'aient fait le moindre effort pour réduire les dépenses de santé. Dans le cadre des recettes, il dénonce le fait que les détenteurs de stocks options soient exonérés de cotisations sociales et de CSG ce qui représente un manque à gagner très important.
J'ajoute que les impôts de ces mêmes personnes ont été plafonnés par le bouclier fiscal à 50%. On peut s'insurger contre les fonctionnaires qui ne travailleraient pas assez, qui péseraient trop sur le budget de l'Etat etc ... mais eux paient des impôts (et pas tous loin de là), paient des cotisations sociales et aucun n'est concerné par le bouclier fiscal.
A qui profite le crime ?

mercredi 12 septembre 2007

Il manque de l'huile dans les rouages

Tout ce que touchait Nicolas Sarkozy se transformait en or. Mais depuis quelques semaines, rien ne va plus. Brice Hortefeux est obligé de convoquer les Préfets qui n'atteignent pas leurs objectifs d'expulsion de personne en situation irrégulière (il en faut 25000 en fin d'année et seules 11000 expulsions ont pu être réalisées). La réforme des régimes spéciaux de retraite fait l'objet de messages contradictoires de la part du 1er ministre et de la Présidence de la République : on passe en force, on négocie, sur quoi ???.

Christine Lagarde annonce un plan de rigueur dans la fonction publique alors que le 1er ministre et le Président démentent et annoncent que la moitié des sommes économisées par le non renouvellement des départs en retraite des fonctionnaires sera affectée à l'augmentation de leur rémunération (entre nous soit dit cela représenterait 100 euros par an et par fonctionnaire :pas de quoi faire réver avec le slogan "travailler plus pour gagner plus").

Couac encore sur la TVA sociale entre le traitre Besson, le 1er ministre et Christine Lagarde : on fait, on fait pas ? résultats : transmission au conseil économique et social ou comment enterrer le dossier en deux temps trois mouvements.

Monsieur le Président, conduire la politique de la nation n'est pas aussi simple que de réaliser de beaux discours ou de rédiger de belles lettres (aux enseignants), il convient de prendre la mesure des probèmes et d'y apporter de vrai solution. La communication ne suffit pas. La vrai vie existe mais vous ne devez pas en faire partie.

Je m'associe d'ailleurs à l'association qui souhaite qu'une journée de l'année soit vierge de toutes apparitions de Nicolas Sarkozy dans les médias.

mardi 11 septembre 2007

Où est la lettre promise aux enseignants ?

Le Président Sarkozy, à grand renfort de communication, a fait envoyé à tous les enseignants une lettre de 32 pages expliquant son ambition politique pour l'école. Le coût de cette aventure médiatique s'est élevé à près de 500000 euros alors que les nouveaux moyens de communication pourraient alléger de manière importante le coût de ce type d'opération.
Mais la question est la suivante ? qui a reçu cette lettre ?
Plusieurs de mes proches sont enseignants et n'ont rien reçu de la Présidence. (cela fait près de 2 semaines que l'annonce a été faite)
Les fichiers ne seraient ils pas à jour ? un faux pas pour quelqu'un qui veut que tout soit parfait !!!
Peut être veut il mettre ce retard sur le dos de la Poste pour disposer d'un argument supplémentaire pour supprimer des postes dans la fonction publique ?

mardi 28 août 2007

La rentrée politique d'Arnaud Montebourg à Frangy en Bresse

Frangy-en-Bresse est devenu le lieu de toutes les avant-garde et anticipations politiques ! Cette fête populaire enracinée dans cette Bresse qui nous a donné une nouvelle fois la victoire, accueillait l’an passé Ségolène Royal qui y accomplit ses premiers pas vers la primaire.

Il fallait en cette année d’échec pour la gauche que Frangy, dont je rappelle toujours qu’on se dispute pour venir à sa tribune, soit offerte à ces député(e)s, hommes et femmes, issus des urnes du mois de juin, qui codirigent ensemble la nouvelle opposition à l’Assemblée nationale, et formant pour la première fois depuis longtemps un contre gouvernement.

Une opposition qui pointe les abus, les excès de pouvoirs, les défaillances ou dysfonctionnements du pouvoir est une opposition utile au pays et à l’intérêt général parce qu’elle amène le gouvernement à mieux se comporter dans l’utilité de tous. Elle est utile au présent quand elle est ferme. Une opposition qui contre propose est une opposition de préparation de l’avenir. C’est ce que nous avons, autour du président du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault, entrepris de faire.

Nos invités ? Ce ne sont pas les jeunes qui voudraient remplacer les anciens : parce que nous ne sommes plus si jeunes, et surtout parce que les anciens sont irremplaçables ! Parce que avant tout la politique ne consiste pas à se soustraire mais au contraire à s’additionner les uns les autres !

Nos invités ? Ce sont des parcours et des trajectoires différentes qui montrent la diversité du socialisme contemporain. Ils ou elles portent des idées qu’ils rêvent de voir émerger ; ce sont des êtres engagés parfois jusqu’à la passion, et qui mettent leur talent au service de notre cause commune : Philippe Martin, député du Gers, Sandrine Mazetier, députée de Paris, Manuel Valls, député de l’Essonne, Aurélie Filippetti, députée de la Moselle, Gaëtan Gorce, député de la Nièvre.

Ils ont eu ensemble des désaccords comme j’ai pu en avoir, mais aujourd’hui ils savent qu’il faut construire ensemble un projet nouveau pour la gauche ; ils savent qu’il nous faut affronter les questions embarrassantes que la société française nous a mis sous les yeux et qu’il nous a coûté si cher d’esquiver.

Ils veulent comme nous tous offrir au pays un parti de la réforme et du mouvement en état de marche et en état cette fois de nous faire gagner !
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Car je ne crois pas que l’aventure dans laquelle Nicolas Sarkozy emmène la France puisse déboucher sur de quelconques bienfaits pour le pays.

Il a abord décidé de capter tous les pouvoirs, le sien propre agit par extension et débordement sur celui de tous les autres : le Premier ministre est dépossédé de ses prérogatives constitutionnelles, les ministres ont disparu des écrans radars, ils sont désormais remplacés par les hommes du cabinet de l’Elysée dont le porte parole de l’Elysée, le secrétaire général de l’Elysée, et même l’épouse du Président, tous inaccessibles au contrôle parlementaire, échappant à toute mise en jeu de leur responsabilité et à toute reddition des comptes, contrairement aux règles fixées par la Constitution du 4 octobre 1958, c’est à dire ce qui tient de loi suprême entre tous les Français.

Aucun Président, quel qu’il soit, ne peut recevoir mandat du peuple de s’affranchir de la Constitution. Il peut recevoir mandat de la modifier, certainement pas celui de ne pas la respecter.

Quoi qu’il en soit, un homme seul faisant tout a plus de chance de mal faire qu’une équipe qui délibère un tant soit peu.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’humanité toute entière a inventé des Constitutions afin d’éviter ce genre de dérives, et précisément dans le but que des Républiques constituées en droit ne se transforment en Monarchie de fait, qui se termine toujours mal.
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Mais vous me direz qu’il a peut-être une utilité collective à ce que nous puissions tolérer de tels excès ?

Il faut alors revenir au pacte implicite noué avec les Français par l’actuel Président.

Il avait promis de protéger le monde du travail, qui l’avait en partie cru et suivi. Il avait promis de défendre le pouvoir d’achat, il avait promis du travail en plus, de la protection contre les délocalisations, il avait même promis aux petits retraités une hausse de 25 % en plus ! Il était allé chercher pour fabriquer ses discours de campagne tout le Panthéon du socialisme du 20ème siècle ! Jaurès, Blum et tous les nôtres, déclarant que la gauche était devenue inutile pour défendre et protéger le salariat, ce dont il la proclamait désormais incapable, pour mieux s’autoproclamer défenseur des classes les plus oubliées du peuple !

Le pouvoir d’achat ? Mais qui ne voit qu’il est rogné de tous côtés par les hausses phénoménales des prix que chacun a pu constater. Ces hausses sont à rapporter au refus gouvernemental de revaloriser le SMIC et l’allocation de rentrée scolaire. C’est un fait, les salaires ne permettent plus à ceux qui travaillent de se nourrir, se loger, se vêtir ni même payer une rentrée scolaire correcte à ses enfants. Le pouvoir d’achat souffre surtout des promesses non réalisées du Président de la République et qui ne le seront probablement jamais, comme les intérêts d’emprunts immobiliers. La promesse était anticonstitutionnelle donc impossible à réaliser. Les emprunteurs en seront pour leurs frais.

Les heures supplémentaires ? Je vois ici, dans les usines, les établissements privés ou publics, nombre de salariés qui travaillent dur, qui ne parviennent pas à se les faire payer. Et je vois ces millions de Français qui travaillent à temps partiel pour qui il n’y aura jamais d’heures supplémentaires.

Et j’entends ces retraités venir me chuchoter à l’oreille qu’ils ne s’en sortent plus, me demandant de réanimer les promesses mortes du Président en campagne.

Le seul pouvoir d’achat qui pour l’instant a été soutenu, stimulé, alimenté, encouragé, avec un activisme sans précédent, c’est celui des hautes fortunes et des grands patrimoines !

La redistribution des cadeaux fiscaux à la clientèle la plus huppée de l’UMP fut tellement généreuse au mois de juillet qu’elle s’est faite à crédit, par l’emprunt, en aggravant la situation de l’endettement du pays qui poursuit sa course à la verticale !

Les déficits se font désormais concurrence les uns aux autres : 120 milliards de dette de la sécurité sociale ; 29 milliards (soit 17 % de plus que l’année passée) de déficit de la balance commerciale. Même le président de la Cour des Comptes, Philippe Seguin, est venu dire son inquiétude devant la Commission des finances de l’Assemblée nationale au sujet d’une dette publique qui devait atteindre 61 % du PIB, du jamais vu depuis la Libération !

Le plan de redressement et d’austérité est malheureusement inéluctable. La seule incertitude concerne sa date, le pouvoir parviendra-t-il à la différer jusqu’à l’après mois de mars 2008, date des élections municipales.

Il frappera les ménages, les retraités, les malades, les petits salaires par la mise à contribution massive sous forme de taxes, franchises, hausses de TVA, qui paieront les déficits aggravés par le clientèlisme inconsidéré de celui qui nous gouverne.

Le pacte implicite noué avec les classes populaires ayant soutenu le Président Sarkozy, qui promettait de redonner du prix et de la valeur au travail des Français restera à ranger au rayon des promesses sans lendemain. Ce sont alors des sacrifices qui seront imposés au plus grand nombre après en avoir épargné les quelques privilégiés qui auront fait sa fortune et sa gloire...
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Et ne croyez surtout pas que cette bulle médiatique artificielle et habilement entretenue par l’Elysée qui fait défiler chaque jour le spectacle présidentiel ininterrompu d’une vie privée inintéressante, aux signes extérieurs de richesse aussi dérisoires que clinquants, passionnerait les Français ! Au contraire, elle amuse la France, la divertit au sens pascalien du terme, mais elle ne pourra en rien faire oublier la gravité des problèmes à résoudre dans le pays...

Monsieur le Président de la République a déclaré « mon seul souci c’est Cécilia ». Et bien, laissez-moi vous dire, Monsieur le Président, que notre seul souci à nous autres c’est la France et les Français.

En attendant, la France a besoin d’une gauche forte, se tenant aux portes du pouvoir, prête à exercer les responsabilités, non pas seulement pour épargner au pays les excès et les impérities de l’aventure sarkozyste mais surtout pour poursuivre la réalisation de sa mission dans l’histoire, la réalisation des valeurs égalitaires et de justice qu’elle porte, tout comme cet idéal démocratique qu’elle transporte de générations en générations depuis la Révolution Française, puis passant à travers la révolution industrielle pour traverser les tragédies de notre histoire où elle a su être au rendez-vous des hommes et des femmes qui souffraient.

La gauche appartient au patrimoine national et nul ne peut prétendre l’en exclure, elle est une part de l’âme de la Nation, car elle en a assumé une part importante de sa cohésion.

Pourquoi Nicolas Sarkozy pourrait-il chercher à nous en exclure ou à nous en faire sortir, en s’attribuant pour lui même tout ou partie de sa représentation ? parce qu’il sait son soutien du pays de courte durée ; surtout parce que nous lui en avons laissé le loisir ; parce que nous ne sommes pas assez préoccupés de réaliser concrètement les valeurs que nous tenons de notre propre histoire, ni de convaincre nos concitoyens que nous pouvons inscrire ces valeurs dans la réalité quotidienne de leur vie concrète.

Voilà pourquoi ce n’est plus une simple rénovation de façade qu’il nous faut entreprendre, mais une redéfinition de la gauche, de son identité (à quoi sert la gauche) ; de son projet (quels sont ses objectifs) ; et de ses méthodes d’action (comment va-t-elle le faire ).

Cela demandera un travail d’ampleur sans précédent, et il y faudra beaucoup de courage, à l’image des remises en cause accouchées lors du passage de la SFIO au PS en 1972.

C’est un Epinay moderne qu’il nous faut assumer. Car la gauche n’est nullement condamnée à être quasi révolutionnaire dans ses discours et défenseur du statu quo dans ses actes.

Elle a vocation à convaincre une vaste majorité des Français à la suivre dans des réformes profondes crédibles et justes, pourvu qu’elle s’occupe plutôt que protéger ses tabous dans une cage de verre, d’entendre les citoyens dans ce qu’ils vivent réellement et leurs aspirations qu’il y forment.
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Allons-nous nous condamner nous-mêmes par exemple à une défense conservatrice du modèle social français ?

A ne pas le réformer dans ses structures et intérêts corporatistes, nous laissons à la droite libérale le champ libre pour convaincre la population d’abandonner jusque et y compris ce que ce modèle offre de plus juste et de plus solidaire.

La progression considérable de l’espérance de vie, le maintien des inégalités devant la mort et devant la retraite, l’explosion du financement de la dépendance des personnes âgées, devront nous conduire à défendre et proposer courageusement une répartition plus équitable des efforts entre les catégories socio-professionnelles.

Les inégalités existent, la gauche doit -c’est sa mission- s’y attaquer et ne pas laisser les salariés les plus exposés à la précarité, à la pénibilité des tâches, aux maladies professionnelles dans les métiers les plus difficiles, sans droits et sans porte paroles, pendant qu’elle se contenterait de défendre seulement des situations acquises.

Nous pourrions ainsi parfaitement assumer en liaison avec le fil ininterrompu de nos valeurs, des positions plus claires et plus justes à l’égard du système par répartition, en proposant l’alignement des régimes spéciaux sur le régime général en échange de meilleurs droits pour la classe ouvrière la plus exposée, dont l’espérance de vie est la plus faible, et qui sera la grande oubliée de la prochaine réforme des retraites qu’engagera la droite !
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Nous ne sommes pas davantage condamnés à défendre l’organisation actuelle de l’Education nationale, bureaucratique et centralisée, qui affirme avec force les principes d’égalité devant l’éducation mais réalise l’exact contraire en laissant les enfants des familles les moins chanceuses sur le sable de l’échec scolaire.

L’Education nationale repose sur le dévouement des enseignants, d’ailleurs sous payés, isolés et trop peu soutenus, mais accumule malheureusement des contreperformances sociales, reproduisant les inégalités sociales en inégalités scolaires qui doivent préoccuper la gauche.

Contrairement à la droite qui organise son dépérissement, par la suppression de postes par dizaines de milliers, la gauche doit proposer de réorganiser en profondeur l’Education nationale afin d’assurer la prise en charge individualisée des élèves et leur rattrapage, autonomiser les établissements en leur permettant de recruter leurs équipes pédagogiques en fonction du public des élèves, évaluer en permanence les performances sur service public sur le terrain de la lutte contre l’échec scolaire, revoir le statut des professeurs, redéfinir leurs missions, revaloriser leur traitement et... ainsi lutter avec l’argent public pour donner à chaque enfant de France un métier et une profession : c’est à ce prix que la gauche sera créditée de refaire fonctionner l’ascenseur social.
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Faire sortir la gauche des corporatismes, c’est l’amener à quitter l’addition des intérêts particuliers, pour la ramener dans le champ trop abandonné de l’intérêt général.

Cette évolution de notre part doit être mise sur la table d’une discussion commune avec les organisations syndicales et nous donnerait beaucoup de force et de poids pour défendre ceux que la droite s’apprête à faire les victimes injustes de ses réformes.

Nous sommes encore moins condamnés à passer éternellement pour des naïfs, perdus dans l’angélisme et incapables de voir la réalité de la progression de la violence dans la société.

Là où Nicolas Sarkozy fait écrire et voter une loi supplémentaire à chaque fois qu’un fait divers survient, montrant lui-même son impuissance politique, nous seront ainsi plus forts pour vérifier sur le terrain et dans la réalité concrète que l’appareil judiciaire est bien capable de réagir et de ne rien laisser passer.

Aux lois creuses, proclamatoires et inappliquées de la droite, nous préférons des sanctions bien réelles dès les premiers actes de transgression.

Affirmer sans détour cette autorité de la loi, c’est pouvoir enfin nous lancer dans la lutte contre les causes de la montée de la violence : la dérégulation de la télévision, la progression spectaculaire de la violence sur le petit écran, le maintien et le non démantèlement d’une économie souterraine, l’extrême pauvreté comme horizon indépassable pour les laissés pour compte de la société.
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Enfin, nous ne pouvons accepter d’être en permanence accusés de sous développer la France au motif que nous mépriserions l’économie.

Les socialistes que nous sommes doivent chercher une bonne fois pour toutes les voies et les moyens de se réconcilier avec l’entreprise, surtout en ces temps difficiles de désindustrialisation.

Car la création et le développement des entreprises sont de l’intérêt bien compris des travailleurs et... des chômeurs.

Défendre et protéger nos entreprises, c’est ce que nous nous efforçons de faire sur nos territoires respectifs.

Mais cette ligne de conduite doit inspirer des politiques publiques profondément nouvelles et qui restent à inventer, en amenant l’État à remettre les mains dans le cambouis de la machine économique.

La clé de nos propositions doit être la différenciation de nos mesures, régulatrices, réglementaires et fiscales.

Nous donnons aujourd’hui aux très grandes entreprises des milliards d’aides, de ristournes. Ce sont celles qui détruisent le plus d’emplois sur le territoire national, délocalisant et se précipitant vers la Chine ou l’Inde.

A l’inverse, nous ne soutenons nullement nos petites entreprises, appartenant à cette économie enracinée, qui ne parviennent pas à se financer, à salarier et à se développer.

Une fiscalité comportementale est à inventer ! Plus une entreprise créé de l’emploi, plus elle distribue de bons salaires, plus elle se lance dans la recherche et l’innovation, plus elle doit obtenir des bonifications et encouragements fiscaux. Plus elle s’en éloigne, moins elle doit en obtenir.

L’État doit imaginer ainsi de nouveaux outils lui permettant de mettre de la volonté politique en face de l’économie et en négociation permanente avec elle. Toutes les puissances industrielles ont fait ce travail, c’est aux socialistes de réarmer la politique là où la droite préfère toujours s’en remettre aux forces désastreuses mais qu’elle croit encore vertueuses du marché.
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Et tout cela sur fond d’obligation impérieuse de protéger la planète et de faire face à la crise climatique laquelle devra nous amener à reconsidérer tous nos comportements, celui de producteur industriel, agricole comme celui de consommateur que nous sommes tous.

Les équilibres sur lesquels fonctionne aujourd’hui l’économie mondiale en seront bouleversés : la remontée très forte du prix de l’énergie et des coûts de transport rendront de plus en plus difficile et couteux la localisation des usines dans des lieux exotiques, à 10.000 km de lieux de consommation que sont nos supermarchés. On produira de plus en plus près de l’endroit où l’on consomme.

Les socialistes européens doivent s’emparer de ce retournement et ce changement de donne, en faisant du rehaussement des coûts du transport international par les airs, les mers ou la terre, l’outil de protection de l’environnement comme stimulant à la relocalisation sur nos territoires européens d’industries, parties trop loin faire la fortune de leurs actionnaires.
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Vous voyez que les socialistes ne sont pas dépourvus d’idées nouvelles, de sujets de créativité et d’objets de proposition !

L’arme des idées est l’arme de la reconquête ! C’est sur celles-ci que nous ferons porter l’essentiel de nos efforts. Car c’est pas les idées et les conceptions que nous avons de la France, de l’Europe, et du monde que nous reprendrons le coeur des Français.

C’est par la force de notre esprit que les Français nous referons confiance.

Ce travail a commencé aujourd’hui à Frangy-en-Bresse !

Arnaud Montebourg

35ème fête populaire de Frangy-en-Bresse

le 25 août 2007

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