Le Blog de Guy CORAZZOL

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vendredi 12 février 2010

Un tour de l'actualité

La cour des comptes conteste l'appréciation du Gouvernement sur la dégradation des déficits publics. En effet, elle estime que le déficit public en 2009 qui représente environ 8% du PIB n'est pas uniquement imputable à la crise. Elle note qu'au moins 4 points de ce déficit est structurel. La dette publique représenterait 100% du PIB en 2013 ; les intérêts de la dette eux atteindraient 90 milliards d'euros soit autant que le produit de la CSG. Même le rapporteur du sénat à la commission des finances estime que c'est la politique du gouvernement qui aggrave les déficits publics en notant par exemple que la suppression de la taxe professionnelle et la réduction du taux de TVA dans la restauration représentent à elles seules 8,5 milliards d'euros ; on ne compte évidemment pas la mise en place du bouclier fiscal. La France est donc dans un état inquiétant au regard de tous ces indicateurs. Le Gouvernement ne veut pas l'admettre !

Des mineurs en garde à vue pour une histoire de bagarre : mais où va on ? plusieurs études dénoncent l'inflation du nombre de garde à vue en France. Ce qui est choquant ce n'est en soi le chiffre (certes important) mais les raisons de l'augmentation des gardes à vue, à savoir la politique du gouvernement de faire du chiffre afin d'étoffer les statistiques. Quelle piètre politique que celle de gonfler inutilement des indicateurs alors que les français souhaitent que la tranquillité qui leur est due soit assurée par une police de proximité à l'écoute des problèmes des gens. cette politique comptable amène alors la police à outrepassée ses prérogatives en menottant des jeunes filles de 14 ans qui n'ont rien de véritable terroriste.

Le Conseil d'Etat vient de désavouer le gouvernement en jugeant illégale la suppression de la publicité sur les chaînes publiques. Et toc !

Plus légèrement pour terminer : Walter Frederick Morrison, l'inventeur du frisbee, vient de mourir. Il avait 90 ans. Qui n'a pas joué avec ce disque de plastique ? il est de certaines inventions qui marquent tout un chacun. D'ailleurs, qui a inventé le trombone ? frisbee_1_.png

mercredi 6 janvier 2010

les cadeaux fiscaux de l'Etat aux entreprises

L'Etat a mis en place des allègements fiscaux au bénéfices des entreprises de près de 28,5 milliards d'euro alors que le budget de l'Etat a un déficit de 116 Milliards. Mais ces exonérations ont elles de quelconques conséquences sur l'amélioration de la compétitivité des entreprises ?

L'exonération des plus values de cession : en 2010, cela coutera 8 Mds d'euros et le but de ce dispositif (mis en place en 2007) était d'éviter la délocalisation des holdings financiers : Le gouvernement, malgré des questions parlementaires répétées, ne donnent aucun chiffre sur les effets de ce dispositif.

Un autre exemple, le crédit d'impôt recherche : il sera de 4Mds d'euros en 2010 contre 428 Millions d'euros en 2003 : seules les grands groupes bénéficient de ce dispositif qui aurait sans doute procédé à ces dépenses dixit le conseil des prélèvements obligatoires.

Enfin, la TVA sur la restauration qui coutera 3 Mds d'euros qui est considéré par tous aujourd'hui comme un échec puisque cette réduction n'a eu aucun effet ni sur les salaires ni sur l'emploi et trop peu sur les prix pratiqués.

Il faudra ajouter à cela la suppression de la taxe professionnelle qui fera perdre environ 8 Mds d'euros et assèchera les budgets des collectivités locales qui assurent 70% des investissements dans les territoires.

En conclusion toutes ces exonérations n'ont que très peu d'effet sur la compétitivité des entreprises, seulement sur les plus grandes qui sont celles qui résistent par nature le mieux à la crise.

vendredi 4 décembre 2009

Identité Nationale

Je vous livre la réflexion deux enseignants chercheurs de L'université Lyon 2

ÉRIC BESSON ET LA FIGURE DE L’ENNEMI

Réflexions historiennes à propos d’un « débat sur l’identité nationale »

De toutes les figures de la « rupture » et de l’« ouverture » du régime issu des élections de 2007, celle d’Éric Besson est sans doute la seule qui garde intacte sa puissance de transgression de l’ordre politique en place. Les icônes de la « diversité » ou de l’héroïsme humanitaire – Rachida Dati, Bernard Kouchner… – se sont usées et banalisées dans la pratique du pouvoir et les jeux d’influence. De même, après Albert Camus, il est probable que les services de communication de la présidence de la République auront bientôt fini d’épuiser la liste des « grands disparus » disponibles pour occulter de leur ombre bienveillante la mesquinerie et l’impéritie du pouvoir en place. L’hégémonie médiatique et symbolique du pouvoir est de l’ordre de l’acquis.

Le débat sur l’identité nationale initié par Éric Besson, c’est autre chose. Un gadget, un instrument de communication, un leurre pour période de crise et de doute, tout ce que l’on voudra. Mais aussi et surtout, après le temps de la marginalisation politique de l’opposition socialiste et démocrate, tâche à peu près terminée elle aussi, arrive le temps, beaucoup plus sérieux, de la liquidation de son héritage dans les pratiques et les représentations de la société française. Non telle ou telle loi, institution ou élément de protection sociale, mais les principes mêmes d’une solidarité fondée sur le souci de l’autre et sur un idéal d’universalité. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, avec cette mise en scène extraordinaire d’un « débat » sur l’identité confié aux préfets et coordonné par le ministre en charge de la légitimation médiatique de la traque des « clandestins »1 : mettre en difficulté tous les citoyens ou habitants de ce pays qui prétendraient porter physiquement, culturellement ou philosophiquement une pluralité d’héritages, de pratiques et de valeurs les reliant à des univers sociaux et symboliques non contrôlés par l’appareil d’État français et hors d’atteinte de ses instruments de domination. Piéger les vagabonds de la mondialisation, rendre la vie impossible aux diasporas, jeter le soupçon sur les profils métis et les chevelures colorées d’ailleurs, dénoncer les fidélités extérieures ou les confessions religieuses incontrôlées. Bref, faire revivre l’utopie liberticide de l’unicité du peuple, de la terre et du pouvoir dans une solidarité inconditionnelle. Une solidarité non plus sociale, mais organique au sens physique du terme, et garantie par un pouvoir sur les corps médiatisé par la technique : vidéosurveillance, bracelets électroniques, écoutes téléphoniques, fouilles à corps, etc.

L’identité rassurante d’une « France éternelle de nos grands-parents » couleur sépia, pour servir de paravent à un pouvoir bio-politique déshumanisant.

Si Éric Besson a bien rang de ministre, il est en effet permis de douter de la matérialité de son action : ses attributions officielles ne lui donnent qu’une autorité théorique sur des administrations distinctes et des champs de responsabilité de la puissance publique qui ne répondent que très imparfaitement à ses « missions ». De fait, ce ministère est essentiellement un ministère de la parole et, à la rigueur, de la coordination de l’action administrative – même si l’on peut douter que le ministère de l’Intérieur lui concède ce pouvoir. Nous renvoyons le lecteur curieux au texte du « Décret d’attribution du 31 mai 2007 relatif aux attributions du ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement ». Au vu de ce texte, nous nous permettons de ne pas mettre les majuscules d’usage aux « domaines d’attribution » du ministre lorsque nous citons son titre sans guillemets, et d’omettre le « codéveloppement » (ajouté à l’ensemble pour des raisons aisées à deviner) pour lequel le ministre ne dit ni ne fait objectivement rien.

De l’Autre à l’Ennemi

Ce n’est pas un « débat », au reste, mais bien un rituel d’adhésion à une vérité révélée qui est proposé, comme l’atteste le mépris dans lequel sont tenus « intellectuels » et autres « sociologues », sans parler de l’opposition parlementaire : l’identité française n’est pas à construire, elle est, de toute éternité. Le palais de l’Élysée est son temple, le président son pontife, les « gens » ses humbles fidèles. Sans oublier Éric Besson en grand inquisiteur. Au sens vrai du terme, c’est donc une confession qui est demandée. Cujus regio, ejus religio, disait-on dans l’Allemagne du 16e siècle déchirée par les guerres de religion : tel roi, telle religion dans ses possessions territoriales. L’État français centralisé et unificateur a admirablement retenu et adapté la leçon, et c’est bien dans cette logique que l’on doit comprendre l’organisation proprement ecclésiastique du « débat », qui combine les grandes cérémonies de repentance des « crimes » de la Révolution imposées par la Restauration dans les années 1820 et les pratiques de conversion de masse des télévangélistes américains de la seconde moitié du 20e siècle. Ainsi sommes-nous invités à « naître à nouveau », pour retrouver l’identité perdue de la nation dans les vicissitudes de l’existence moderne et la mobilité générale de l’ère de la globalisation. Ainsi sommes-nous exhortés à chasser l’étranger en nous ou chez nous qui, selon les mots du ministre de l’Intérieur, entrave la politique de la « tranquillité nationale ».

Et c’est ainsi, également, que l’on doit comprendre les allusions répétées du président et de son fidèle ministre de l’immigration et de l’identité nationale à l’incompatibilité de la burqa avec cette même identité, et l’ordre donné aux préfets de mettre ce non-sujet au coeur des « débats » : c’est bien une guerre de religion et un choix d’allégeance qui sont proposés, les hérétiques aux « valeurs » de l’identité nationale étant « invités » à franchir à l’envers la ligne de défense de « l’Occident ». Croira-t-on qu’il ne s’agit que de quelques centaines d’extrémistes bien identifiés ? Ceux-là sont bien commodes, car personne, effectivement, ne veut « faire société » avec eux. Ils sont la providence du pouvoir. Mais on sait déjà par quels amalgames des pans entiers de la société peuvent être associés à ce rejet vertueux de la brutalité intégriste. Et ce sont en fait des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants ignorants de leur propre « impureté » identitaire qui seraient ainsi sommés d’accepter une relégation intérieure sans espoir dans des « banlieues » chaque jour plus ghettoïsées, ou expulsés là où leurs « coreligionnaires » supposés se trouvent déjà en masse, dans un « territoire de la guerre » qui s’étire de Gibraltar à l’archipel indonésien en passant par la Palestine et l’Afghanistan. Ironie de l’histoire, c’est la civilisation musulmane du Moyen âge qui définissait ainsi comme « territoire de la guerre » le monde extérieur au « territoire de l’islam », dans l’opposition du dar el-islam et du dar el-harb. La construction de l’ennemi est toujours un jeu de miroirs, et la haine est hélas plus douée que la raison pour trouver ses acteurs et leur confier les premiers rôles.

Penser cette construction des identités et de l’altérité comme une fatalité n’est toutefois pas la marque d’une compréhension du « sens de l’histoire », comme voudraient le faire croire les théoriciens cyniques du « choc des civilisations », mais au contraire, la preuve de sa négation : c’est justement parce que les civilisations ne sont pas des essences pures que leurs rapports, les modifications de leurs contours et leurs dynamiques internes ne sont pas prédictibles. L’islam n’existe pas comme civilisation armée pour un affrontement inéluctable : ce sont des élites politiques en mal de légitimité qui ont besoin d’un « péril vert » comme repoussoir et comme instrument de soumission de leurs propres populations. Et de fait, ce n’est jamais très bon signe quand un système sociopolitique – une tribu, une Église, un État – s’enferme de lui-même dans un processus de purification de son identité : cela signifie généralement que celle-ci n’a pas ou plus de consistance suffisante pour justifier l’ordre social en place, et que la désignation d’un ennemi est jugée indispensable par les dominants du système pour créer un lien de responsabilité morale entre ceux qui, ayant consenti à la destruction symbolique ou physique de l’autre, se trouvent dès lors obligés de renoncer à toute altérité personnelle et à toute conscience libre dans le collectif ainsi redéfini. Les exemples, hélas, abondent de tels processus d’exclusion.

Le vertige de la « purification » identitaire

Comment donc penser l’acte politique que constitue ce bien étrange « débat » dans le contexte de la France des années 2000 ? Les ethnologues praticiens de l’enquête de terrain savent par expérience qu’un mythe, un rituel, une pratique sociale, si singuliers soient-ils, ne se comprennent que par rapport à un tout, c’est-à-dire à une « culture ». Mais les sociétés développées sont complexes à saisir, justement parce qu’il est difficile de savoir ce qui fait « culture » et ce qui, malgré le triomphe des rapports marchands et de l’individualisme, continue à produire identités, conflits et exclusions de masse.

Claude Lévi-Strauss avait coutume de dire que dans les « sociétés chaudes » de l’Europe et de l’Amérique du nord développées, la souffrance était un principe moteur indispensable de la dynamique sociale, et que c’est par la frustration des désirs et l’anxiété sur le devenir individuel que l’on disciplinait la société dans le sens de l’innovation et de la croissance matérielle. Longtemps, le marché a suffi à générer cette pression. Mais le développement des États-providence sur les ruines des guerres mondiales a émoussé la compétition interne au jeu social en Europe de l’Ouest et y a habitué les populations à une solidarité universaliste incarnée dans des institutions paritaires et démocratiques. Pour abaisser drastiquement le coût du travail et les prélèvements sociaux dans un monde frappé par une crise systémique et redonner toute son importance au principe du struggle for life après un demi-siècle de modèle fordiste, il fallait donc aux élites gagnées par la théorie d’une lutte à mort pour les ressources, trouver un discours légitimant la rupture avec les pratiques de solidarité inscrites dans les principes démocratiques, en désignant un ennemi qui ne mérite pas cette solidarité, et justifie donc d’en sélectionner drastiquement les bénéficiaires. Et pour cela, l’étranger, le barbare, le polygame, le clandestin constituent des cibles idéales, éléments impurs à partir desquels la mécanique effrayante de la purification peut débuter tranquillement son oeuvre. Jusqu’au jour où plus personne ne peut la contrôler. En soi, bien entendu, les déclarations du président de la République sur la burqa ou sur la nécessaire protection des femmes contre la violence intégriste ne sont pas scandaleuses ; les réflexions à haute voix de la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie sur l’intérêt de la castration des délinquants sexuels relèvent plus de la démagogie populiste que du nationalisme ; les plaisanteries du ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux sur les « Auvergnats » peuvent s’apparenter à une triste mais banale inertie des représentations ; et le projet de lutte contre les « mariages gris » présenté par Éric Besson n’est pas sans fondement réel, même si c’est justement l’effet du droit français restrictif que de susciter, à la marge, de telles pratiques, et si la protection des âmes naïves est bien le dernier des soucis du ministre. Fort heureusement, les égoïsmes, les ambitions et les intolérances n’aboutissent pas toujours à un système coordonné de répression et d’élimination. Mais on ne peut s’empêcher de voir dans les faits et gestes du pouvoir actuel, et dans un grand nombre d’incidents localisés, surtout dans les grandes villes mais pas seulement, qui traduisent la sensibilité du corps social à cette tentation purificatrice, la menace d’une fusion des attitudes haineuses dans un mouvement d’ensemble d’autant plus dangereux que c’est la tête de l’État qui en exaspère les tendances. Dans ce contexte, l’organisation d’un « grand débat » sur « l’identité nationale » risque bien de produire un effet de cristallisation dramatique de l’image de l’Autre comme Ennemi.

De fait, c’est un nouveau paradigme politique qui est en train de surgir sous nos yeux, nourri des frustrations accumulées du corps social, instrumentalisé par une élite nihiliste, anxieuse de justifier l’ordre inégalitaire dont elle profite, et permis par la concentration inédite des moyens financiers, technologiques et juridiques entre ses mains. Un paradigme qui, au prétexte que l’autre ne mériterait pas la démocratie et la reconnaissance de sa dignité, tourne le dos aux valeurs démocratiques et à l’universalisme républicain, et menace d’infliger à tous, y compris à ceux à qui il promet sa protection armée, un despotisme inhumain. Or, il ne manque plus à ce paradigme mortifère qu’une dernière étape pour s’affirmer dans l’ordre des faits. Et cette dernière étape, nous y sommes. Une étape mortellement dangereuse pour tous ceux qui ne peuvent ou ne veulent s’inscrire dans la logique de purification identitaire portée par la crise morale actuelle de la société française (et, plus largement, des sociétés européennes), et qui risquent bel et bien, par l’altérité dont ils sont porteurs ou qu’ils s’obstinent à défendre comme une valeur, de se trouver livrés à une entreprise de haine collective incontrôlable.

Le président et ses serviteurs peuvent se dire qu’ils ont réalisé un « joli coup », en déstabilisant ou ridiculisant leurs adversaires et en captant à leur profit politique immédiat les aspirations identitaires d’une société déboussolée. Quand on gouverne par la théâtralité, et que les gouvernants sont des acteurs plus que des responsables, tout est jeu, tout est jouissance naïve de la situation. Élections régionales et présidentielle à venir, succession des réformes favorables aux intérêts des proches ou à la consolidation d’un pouvoir sur les organes de la société, les hommes au pouvoir ne voient pas plus loin, car ils ne savent pas ce qui les porte eux-mêmes, et sont incapables d’imaginer que leur success story soit due à autre chose qu’à leurs talents personnels.

Ce n’est certes pas la première fois dans l’histoire que des hommes et des femmes médiocres réalisent de « grandes choses », pour le meilleur ou pour le pire, parce qu’ils sont en phase avec une conjonction exceptionnelle et en saisissent intuitivement la dynamique historique, tandis que les plus capables sont entravés dans l’expression de leurs idéaux par l’état d’affaiblissement et de fragmentation du corps civique. Le problème est que, en l’occurrence, la symbiose entre les personnalités au pouvoir et les forces en jeu ne se limite pas à un court épisode de la vie politique nationale, elle engage dramatiquement l’avenir ; elle ne construit pas un modèle de développement, mais elle détruit les racines mêmes du système socioéconomique ; elle n’apaise pas les tensions entre les individus, les groupes, les organisations, elle les exacerbe jusqu’à la haine la plus pure. Non pas seulement dans le théâtre tragicomique du pouvoir politique, mais dans le système nerveux à vif du corps social, bien au-delà des capacités d’anticipation et de contrôle des apprentis-stratèges du « choc des civilisations » aujourd’hui aux affaires.

Figures de l’ennemi en miroirs

Dans ce contexte, Éric Besson peut être fier d’une chose : il a rendu extrêmement difficile l’exercice d’une pensée distanciée sur son action. Il suffit de parcourir les ouvrages, articles, sites et blogs qui lui sont consacrés pour être saisi par l’animosité, pour ne pas dire la violence, que cet individu suscite aussi bien en sa direction, de la part de ses adversaires, qu’en direction de ces derniers, de la part de ses défenseurs. Éric Besson est un formidable catalyseur de la haine qui suinte dans le corps social de ce pays malade. Il est, au sens propre, l’homme de la situation. Éric Besson sait pourtant qu’il peut jouir sans crainte de son goût irrépressible pour la transgression : le maître qu’il sert a déjà dilapidé le stock de valeurs – humanisme, tolérance, ouverture à l’autre, mémoire… – qui aurait pu servir à censurer son action. La gauche, les « intellectuels », les « droits-de-l’hommistes » sont condamnés au silence : on a volé leurs partitions, corrompu ou ridiculisés leurs grands airs. Comment invoquer contre lui Jean Jaurès ou Léon Blum ? La Résistance ou l’anticolonialisme ? Noms propres, noms communs, concepts et épithètes, rien n’a échappé à la logique de captation d’héritage du sarkozysme. « Oui » et « non » veulent aujourd’hui dire la même chose, c’est-à dire rien.

Est-ce à dire que l’on ne peut dire « non » à l’identité nationale définie et imposée par le pouvoir ? Certes pas, pour une raison toute simple : c’est que le pouvoir lui-même, par la violence de son entreprise, est en train, bien malgré lui, de redonner du sens aux mots. Pour que « oui » ou « non » veuillent dire quelque chose, il faut que l’on tue ou que l’on meure pour un « oui » ou pour un « non ». Porter un drapeau algérien dans les rues de Paris ou de Marseille par adhésion à une équipe de football, maudire la patrouille et lui résister après un contrôle d’identité de trop, mais aussi affirmer un mode de vie incompatible avec l’ordre sarkozyste – voir « l’affaire de Tarnac » –, c’est risquer sa dignité corporelle, sa liberté, voire même sa vie, dans la France de 2009. Le pouvoir n’a plus d’adversaire, il lui faut un ennemi, si possible unique par l’amalgame improbable de l’islamisme, de l’« ultragauche », de la délinquance et des « réseaux clandestins ». Or, en produisant cet ennemi par sa propre violence, le pouvoir se produit inévitablement, lui-même, comme ennemi. Et qui mieux qu’Éric Besson incarne cette figure de l’ennemi dans le jeu de miroirs de la construction du nous et du eux ?

Le débat sur l’identité nationale, c’est donc nécessairement aussi le débat sur l’identité nationale du pouvoir. Un débat que, n’en déplaise au ministre, le pouvoir peut perdre, comme l’attestent les épisodes révolutionnaires des 18e et 19e siècles durant lesquels des peuples sommés de confesser leur soumission à un pouvoir ont fini par assimiler celui-ci à la figure de l’ennemi, et l’ont violemment rejeté, pour se construire eux-mêmes comme souverains. Ainsi dans la France de 1830 et de 1848, même si les temps étaient différents et l’énergie de la « rue » pas encore comprise par le pouvoir. Et s’il est possible aujourd’hui que la société cède aux discours anxiogènes sur « l’ennemi de l’intérieur », il n’est pas impossible, non plus, que cette anxiété se transforme en fantasme de la trahison des élites. Qui sème la déraison ne peut savoir ce qu’il va récolter.

La relation en miroir des figures de l’ennemi ne peut cependant pas être pensée comme une symétrie absolue : car c’est une chose que de « produire » les dominés et les exclus comme ennemis, ainsi que le fait le pouvoir actuel, et c’en est une autre de désigner les dominants comme ennemis, ainsi que sont contraints de le faire les acteurs sociaux et politiques les plus conscients du désastre en préparation. Penser l’ennemi, toutefois, c’est apprendre à le connaître. Pour ne pas le sous-estimer, bien sûr ; mais plus encore – en direction de ceux qui n’entendent pas se résigner au triomphe d’une conception régressive de la nation et qui refusent tout autant le piège de la radicalisation violente –, pour comprendre que cet ennemi n’est pas seulement une voix, une volonté, un mode de pouvoir incarné, mais, au-delà de la figure conjoncturelle du traître de 2007, une réalité sociale puissante, cachée dans les replis de la souffrance sociale, cachée en nous. Tout le monde est possiblement Éric Besson. Tout le monde est agité par la tentation de rejeter le poids moral de l’humanisme universaliste et d’exprimer, dans une violence symbolique qui annonce une violence physique sans retenue, le rejet de l’autre, figure de l’ennemi à fouler aux pieds, à détruire, à nier dans tout ce qu’il a pu souiller de la pureté fantasmée de la « Nation » réconciliée par son sang versé.

Or, c’est justement parce que l’ennemi n’est pas un autre que sa liquidation, souhaitable ou non, est impossible, et que l’histoire est pleine d’épisodes de purification identitaire qui ont systématiquement tourné à la destruction de soi dans le désir jamais assouvi du meurtre de l’autre.

Empêcher l’irréparable

Que dire, que faire ? Les mots de la résistance intellectuelle, partisane ou associative ne rencontrent plus d’écho. Les journaux sont remplis de scandales et de drames, de tribunes péremptoires et de droits de réponse enflammés, sans que le cours des choses en soit dévié d’un iota. Au café du commerce, on a appris à plaisanter de l’apocalypse, et la violence de la rue est finalement presque décevante comparée à celle des fictions cinématographiques et télévisuelles. Il n’est même pas certain que la survenue d’un événement dramatique semblable aux violences policières du 17 octobre 1961 contre les Algériens de Paris provoque une réaction suffisante dans le pays. Et quant à prendre les armes par anticipation, comme la tentation s’en fait sentir non seulement dans les habituels mouvements révolutionnaires, mais également chez tous ceux que le souvenir de l’échec de l’humanisme européen à prévenir les crimes de masse du 20e siècle obsède et désespère, cela ne ferait que justifier l’emploi d’une violence infiniment plus cruelle et efficace par le pouvoir, ainsi justifié dans sa dénonciation obsessionnelle des « radicaux » et des « fondamentalistes ». Le basculement des opposants dans la violence est bien la finalité tacite du discours de la transgression permanente incarné par Éric Besson. Il est son horizon politique, son énergie morale, sa jouissance. « Camarades, voici l’alternative : le ralliement ou le terrorisme ». Et si nul ne peut dire à l’homme humilié ou menacé dans son être où se situe le seuil de l’acceptable, c’est la responsabilité de celui qui embrasse la situation dans sa globalité d’indiquer où il y a encore de l’espoir, où la parole responsable et l’intelligence méthodique ont encore du sens.

Ainsi, ce n’est ni par la peur ni par l’émotion que l’on peut espérer éveiller les consciences. Mais peut-être par le rappel opportun, adressé jusque dans les zones pavillonnaires les plus paisibles, qu’il y a un prix à payer pour retrouver l’unité du « nous » dans l’exclusion des « autres », et reconstruire l’illusion de la solidarité dans l’égoïsme insensible. Ce prix, c’est ni plus ni moins le renoncement à l’idée du bonheur. Comment, en vérité, espérer qu’elle survive un instant à la violence et à la discipline imbéciles auxquelles il faudrait consentir pour extirper la différence du corps social ?

Or, citoyens, résidents, hôtes de ce pays, nous ne sommes sans doute pas assez désespérés et aliénés encore pour renoncer au seul aspect de « l’identité française » qui, finalement, vaille d’être défendu et fasse consensus dans un pays où les relations de voisinage, même et surtout entre « gens du cru », oscillent en permanence entre hostilité et protestation d’amitié, exaspération quotidienne et jours d’émotions partagées : une certaine idée de l’existence, du prix des choses et de la fragilité du bonheur. Et cela, même Éric Besson est capable de le ressentir et, peut-être, de le comprendre avant qu’il ne soit trop tard.

Lyon, le 30 novembre 2009

Pierre Cornu et Jean-Luc Mayaud,

Enseignants-chercheurs d’histoire contemporaine des Universités

Nos textes sur notre blog : La Lampe-tempête. Poste de veille scientifique, politique et éthique

http://lampe-tempete.blog.lemonde.fr/

Il a tout à fait raison

Adrien DRIOLI a écrit sur FaceBook un commentaire tout à fait sensé et qui me semble intéressant de vous faire lire :

90 personnes attrapent la grippe H1N1 et tout le monde veut porter un masque. 5 millions de personnes ont le SIDA et personne ne veut porter de capote !! 1000 personnes meurent de la grippe A dans un pays riche, c'est une pandémie. Des millions meurent du paludisme en Afrique, c'est leur problème ... Faites tourner


jeudi 12 novembre 2009

L'appel de Montpellier

Je relais l'appel de Montpellier lancé par sa Maire afin que le droit au mariage pour tous devienne une réalité :

APPEL DE MONTPELLIER Samedi 14 novembre 2009 A l’initiative d’Hélène Mandroux Appel des maires en faveur de l’ouverture du mariage aux couples homosexuels Dix ans après la promulgation de la loi créant le PACS (Pacte Civil de Solidarité), nous saluons le succès de cette réforme majeure réalisée par la gauche. Créé pour offrir un statut à des couples qui ne peuvent ou ne veulent se marier, le PACS est de plus en plus prisé par les Français. En 2008, près de 145 000 couples ont souscrit ce "contrat conclu par deux personnes physiques majeures, de sexe différent ou de même sexe, pour organiser leur vie commune". Un chiffre en hausse constante depuis 1999. Ce constat témoigne de l’acceptation de ce contrat, alors que ses détracteurs le présentaient comme une menace pour le mariage, la famille et la société. Le vote de cette loi a été obtenu par des associations (de lutte contre le sida et de défense des personnes homosexuelles) constatant le vide juridique et légal auquel étaient confrontés les conjoints survivants des victimes du sida. Le PACS a conduit à une plus grande visibilité et une meilleure acceptation de la diversité des couples. Au fil des ans, les améliorations successives apportées à cette loi ont fait que le PACS est entré dans les moeurs, se rapprochant progressivement du mariage même s’il reste largement désavantageux en cas de décès d’un des partenaires, particulièrement aléatoire pour les couples binationaux. En une décennie, les mentalités ont évolué. La loi doit évoluer elle aussi. Nous estimons que le moment est venu de franchir une nouvelle étape en ouvrant le mariage aux couples de même sexe. En effet, les discours en matière de lutte contre l’homophobie ne seront crédibles que lorsque les pouvoirs publics auront mis un terme à une insupportable discrimination institutionnelle : celle consistant à réserver l’accès au mariage aux couples hétérosexuels. En 1999, avec le PACS, la France montrait le chemin de l’égalité des droits. Aujourd’hui, de nombreuses mairies de gauche reconnaissent les couples de même sexe. Une trentaine célèbre les couples pacsés par une cérémonie civile à l’Hôtel de Ville. Mais, en réservant le mariage aux couples hétérosexuels, la France est en retard par rapport à d’autres pays. L’appel que nous lançons est motivé par deux principes essentiels : l’égalité et l’universalité. En effet, nous considérons que l’égalité, principe fondateur de notre République, est compromise à chaque fois qu’une discrimination identifiée est maintenue en l’état. De la même façon, nous estimons que l’universalité, autre valeur fondatrice de notre République, est remise en cause lorsque notre pays refuse injustement la même protection et les mêmes droits à certains couples, en raison de leur orientation sexuelle. En oeuvrant pour l’égalité des droits, en promouvant leur universalité, c’est le pacte républicain, la cohésion sociale et le vivre ensemble que nous renforçons.

mercredi 4 novembre 2009

Identité nationale : il ne faut pas refuser le débat

Je viens d'entendre que le PArti socialiste refusait de participer au débat sur le thème de l'identité nationale. Je trouve cela stupide. Le PS doit faire des propositions et c'est sur ces propositions qu'il deviendra l'alternative possible. Le débat sur l'identité nationale est fondamental et je vous laisse lire la tribune de Gérard Collomb qui me semble t il reflète le sentiment de beaucoup de militants et personnes de Gauche et plus largement républicaine.

L’identité nationale ne se réduit pas à convoquer l’histoire ++ Par GÉRARD COLLOMB sénateur maire de Lyon, président du Grand Lyon,++ in Libération

Comme avant chaque campagne électorale, le président de la République s’empare du thème de l’identité nationale, qui serait menacée par l’intégrisme des uns et par le laxisme des autres. Dans sa campagne présidentielle, et au travers de la plume d’Henri Guaino, Nicolas Sarkozy s’était déjà fait le chantre de cette France aux «mille clochers» qu’il serait urgent de défendre.

A un moment où, dans le pays, son action se trouve mise en cause (doutes sur l’efficacité, à court et à long terme, de la politique économique, inquiétude face à la volonté d’éliminer tous les contre-pouvoirs : justice, médias, collectivités locales), la défense de l’identité nationale est à l’évidence un bon moyen de brouiller le jeu. D’où l’offensive d’Eric Besson, immédiatement prolongée par le président en direction d’un secteur jusque-là favorable mais aujourd’hui en plein doute : le monde paysan. S’engageant ainsi, le président de la République fait coïncider identité nationale et enracinement dans le terroir, au risque de sembler répéter de douteuses antiennes : «La terre, elle, ne ment pas !»

Le piège tendu à la gauche pourrait paraître grossier s’il n’y avait des doutes sur la capacité de celle-ci à prendre en compte des problématiques essentielles pour la vie quotidienne des Français : celle de la tranquillité publique, celle de la prise en compte de phénomènes migratoires accentués par une globalisation qui rapproche physiquement les pays en même temps qu’elle accroît les fractures qui existent entre eux. Faute d’avoir des positions affirmées sur ces problèmes, la gauche prête le flanc aux critiques d’angélisme, de laxisme, de complaisance avec les communautarismes ou, au contraire, de ringardisme républicain.

Nicolas Sarkozy peut donc espérer en tirer profit pour provoquer un réflexe de regroupement autour du chef, seul capable de défendre «la Nation».

Mais si, a contrario, la gauche se révélait désormais capable de prendre à bras-le-corps ces problématiques-là, elle aurait alors tout à gagner à engager un débat authentique sur l’identité nationale. Car, contrairement à l’idée développée par Nicolas Sarkozy, la nation n’est pas simplement donnée, mais construite. Certes, elle plonge ses racines dans l’histoire - dans toute l’histoire d’ailleurs, sombre ou glorieuse -, mais elle est aussi une volonté de tous les jours. Pour que la nation puisse être perçue comme le bien commun de tous les Français, plus largement le bien commun de tous ceux qui résident sur notre sol, il faut d’abord qu’elle soit porteuse d’espoir. C’est dans la misère des banlieues, dans celle des quartiers désertés par l’Etat, que se développent les intégrismes, les fanatismes, le rejet de l’identité nationale.

La France pourrait d’autant mieux relever ces défis qu’elle saurait présenter le visage d’un pays généreux, accueillant, terre d’une liberté qui résonne dans l’esprit des peuples du monde entier. Maire de Lyon, président du Grand Lyon, je sais quelles sont les conditions pour forger entre tous une communauté de destin. Il faut que chacun, quelles que soient son origine, sa religion, son opinion philosophique, ait la conviction qu’il est également respecté, que les politiques publiques, économiques, sociales aient comme perspective ultime de faire que personne ne se sente laissé à l’écart de la réussite commune. C’est ce que j’essaie de faire dans notre agglomération. Et c’est pourquoi il y a aujourd’hui une fierté grandissante de se revendiquer lyonnais. C’est ce sentiment-là qu’il faut faire resurgir au niveau national.

Cela suppose que chacun soit persuadé que l’Etat lui offre, aujourd’hui, les mêmes chances de réussite, où qu’il habite, quels que soient son origine et son statut social. Que le gouvernement agisse ainsi, et la question de l’identité nationale se posera avec moins d’acuité ! C’est le doute, l’aigreur ou le désespoir qui corrodent et qui affaiblissent l’identité nationale.

Défendre l’identité française ne saurait donc se réduire à convoquer l’histoire. C’est le présent qu’il faut bâtir, c’est l’avenir qu’il faut inventer. Car c’est ainsi, au-delà des inévitables contradictions d’une société, que se réalisera un nouveau consensus national, que se dégagera une véritable volonté de vivre ensemble dans une nation qui aura retrouvé sens et perspective.

C’est sur ce terrain que ceux qui souhaitent ouvrir une vraie alternance doivent placer le débat de l’identité nationale. Pour cela, ils ne sauraient manquer d’audace.

mardi 3 novembre 2009

Sarkozy et les discours recyclables

Je vous conseille d'aller voir sur cette video comment Notre Président se moque des agriculteurs : il leur sert deux fois le même discours en 8 mois d'intervalle : on voit quelle estime il porte au monde agricole. Jacques Chirac, lui, aimait la ruralité : il ne serait jamais permis cela

http://www.youtube.com/watch?v=I3mdpuduAPc

lundi 2 novembre 2009

La campagne des Régionales démarrent

Rendez vous sur le site de la campagne de JJ Queyranne : il est fait pour vous !

mercredi 21 octobre 2009

La réforme territoriale

Voici les réactions dans la classe politique au discours de Nicolas Sarkozy sur la réforme territoriale du mardi 20 octobre tirées du Nouvels obs :
Le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle ne fait pas l'unanimité, même pas à Droite. Cette réforme n'a qu'un seul but mettre la main sur les collectivités territoriales par un découpage inique. C'est faire croire que les élus s'en mettent plein les poches et qu'ils ne servent à rien en voulant supprimer 3000 élus qui ne représentent en terme d'indemnités en fait que 0,03% du budget des collectivités et dont 75% sont totalement bénévoles. Sarkozy est un véritable démagogue.

A DROITE:

- François Fillon, Premier ministre, UMP : le Premier ministre a estimé que la réforme des collectivités s'inscrivait "dans la lignée des lois de décentralisation", rejetant les accusations de jacobinisme de l'opposition. "Il s'agit de redonner de l'attractivité à nos territoires et pour y parvenir il faut réformer la gouvernance des collectivités locales", a déclaré le Premier ministre en réponse à une question (Assemblée nationale, mardi 20 octobre) .

- Marc-Philippe Daubresse, secrétaire général adjoint de l'UMP: "25 ans après la mise en place de la décentralisation, Nicolas Sarkozy vient de donner un nouveau souffle à la décentralisation, grâce à une réforme historique qui va simplifier, moderniser et optimiser le coût de la démocratie locale. Cette réforme, sonne le glas de tous les saupoudrages, gaspillages et clientélismes du passé". (communiqué, mardi 20 octobre)

- Bernard Accoyer (UMP), président de l'Assemblée nationale : C'"est un discours historique pour nos collectivités locales, pour l'avenir de la décentralisation et la maîtrise de la dépense publique. Les collectivités locales ne peuvent se soustraire à l'effort collectif de réduction de la dépense publique alors que leurs dépenses en représentent environ 20%. La réforme des collectivités territoriales s'inscrit également dans ce devoir économique et moral vis-à-vis des générations futures". (communiqué, mardi 20 octobre)

- Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République : La réforme proposée "c'est la mort de la commune, qui est un échelon démocratique essentiel, et du département". Elle se traduira par "une charge financière très forte pour les Français, une réduction du service public et la mise en place de structures bureaucratiques, intercommunales, interdépartementales et métropolitaines". (point presse, mardi 20 octobre)

- Philippe de Villiers (MPF), président du conseil général de Vendée: "ce projet aura pour conséquence de transformer les collectivités locales en établissements publics. La suppression de la clause de compétence générale pour les départements consiste à supprimer leur liberté d'initiative. De plus cette réforme intervient au moment où les collectivités vont perdre la liberté de fixer leurs ressources. A ce compte-là, les conseillers territoriaux pourraient parfaitement être remplacés par des fonctionnaires". (communiqué, mardi 20 octobre)

A GAUCHE:

- Laurent Fabius, ancien Premier ministre socialiste: L'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius, membre de la direction du PS, a demandé que la réforme des collectivités locales soit soumise à référendum. Il a estimé que le projet reposait sur "quatre piliers inacceptables" : un "mépris à l'égard des élus de proximité", un "étouffement financier des ménages", un "recul des libertés locales" et une "recentralisation". Laurent Fabius a aussi réclamé l'organisation d'un référendum sur le sujet. (Intervention au siège du PS, à Paris, mardi 20 octobre)

- Jean-Louis Bianco , député PS et président du conseil général des Alpes-de-Haute-Provence : "c'est une réforme stupide, illisible, impraticable. Ca fait partie de la démagogie chère à Nicolas Sarkozy (...) Il parle du millefeuille, de la complexité de nos collectivités locales mais il en rajoute deux couches : les métropoles qui vont être d'immenses machins" et "les pôles métropolitains". "Ce qui est typique c'est qu'on s'en prend aux collectivités locales qui, elles, sont bien gérées parce que l'Etat, lui, est incapable de bien gérer". (Déclaration sur RMC, mardi 20 octobre)

- François Rebsamen, sénateur-maire PS de Dijon (Côte-d'Or) : Nicolas Sarkozy ne supporte pas l'existence de contre pouvoirs locaux et veut donc démanteler la décentralisation pour tenter de mettre la main sur les collectivités territoriales (...) Ce projet de loi vise véritablement à réduire le nombre de collectivités gérées majoritairement par la gauche. Il nous faut donc combattre ce projet de loi. Ce combat aura lieu au Parlement, mais doit s'appuyer plus largement sur la mobilisation de tous les élus locaux et sur celles des citoyens qu'ils représentent". (Communiqué, mardi 20 octobre)

- Marie-Françoise Pérol-Dumont, députée PS, vice-présidente de l'Association des départements de France : cette réforme est "une attaque sans précédent contre la décentralisation, contre la démocratie locale, dont les premières victimes seront les Français eux-mêmes (...) Sans latitude pour exercer des choix politiques, la collectivité départementale perdra sa raison d'être, transformée de fait en agence de l'Etat, essentiellement chargée de distribuer des prestations sociales ! Quant aux communes (...) elles vont peu à peu disparaître, au profit de grandes intercommunalités construites au besoin à la hussarde sous l'autorité des Préfets"(Communiqué, mardi 20 octobre)

- Le Parti communiste français : "C'est une régression démocratique sans précédent qui est annoncée. C'est la France des décrets et des préfets que veut le président (...). Il affirme vouloir en finir avec +l'empilement des structures+ mais agit en fait pour éloigner la pratique du pouvoir des populations. Il dit permettre ainsi un fonctionnement +à moindre coût+ : c'est une aberration. La part des élus départementaux et régionaux dans le budget des collectivités est de seulement 0,04% ! Le mode de scrutin arrêté par le président est une régression (...) qui vise à permettre à une UMP de plus en plus minoritaire de garder le pouvoir". "Nicolas Sarkozy lie par ailleurs sa réforme à la suppression de la taxe professionnelle, preuve de sa volonté de retirer tout moyen d'action aux collectivités".(Déclaration sur RMC, mardi 20 octobre)

- Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche : Le chef de l'Etat propose "une réforme anachronique et néfaste. Alors que tous nos voisins européens avancent chaque jour vers une organisation institutionnelle plus décentralisée, le pouvoir se lance dans une opération de recentralisation et de reprise en main des collectivités locales (...) Le choix de mener de front la réforme administrative, la réforme fiscale, la réforme des compétences et la réforme électorale est une manière de verrouiller le débat parlementaire (...) Nous n'accepterons pas de passer le cou dans le noeud coulant de cette réforme en silence"( Communiqué, mardi 20 octobre)

- Arnaud Montebourg (PS), député et président du conseil général de Saône-et-Loire : Cette réforme "dont la suppression de la taxe professionnelle est la clé de voûte, signe la fin des libertés locales et de la décentralisation. La fin de la taxe professionnelle achève de détruire l'autonomie des collectivités locales". Cette réforme "précipitera dans la faillite de nombreuses collectivités locales dont une vingtaine de conseils généraux déjà en proie aux chutes de recettes liées à la crise". (communiqué, mardi 20 octobre)

- Bertrand Delanoë (PS), maire de Paris : "le chef d'un Etat dont le déficit s'élève aujourd'hui à 140 milliards d'euros n'est pas vraiment bien placé pour dispenser aux élus locaux ce type de leçon" (sur les dépenses des collectivités). Le mode d'élection des "futurs conseillers territoriaux au scrutin majoritaire uninominal à un tour constitue le véritable objectif de cette réforme, favorisant résolument un parti politique, l'UMP, dans la perspective du scrutin de 2014". (communiqué, mardi 20 octobre)

- Nicole Borvo Cohen-Seat, chef de file des sénateurs PCF et Parti de gauche (CRC-SPG) : "Contrairement à ce que dit le président de la République, cette réforme sonne le glas de la décentralisation: les départements et les régions perdent leur autonomie de gestion et ne pourront plus répondre aux besoins et attentes de leurs populations. Quant à l'intercommunalité forcée, elle annonce la disparition à venir de nos communes". (communiqué, mardi 20 octobre)

vendredi 9 octobre 2009

Actualités, quand tu nous tiens

Diam's prend le voile : convertie à l'islam la chanteuse de rap après s'être mariée a décidé de prendre le voile : bizarre comme décision quand on connait un peu son répertoire : c'est son choix, je le respecte.
L'affaire F Mitterrand : Pourquoi Hamon a t-il embrayé sur les accusations lancées par Marine Le Pen ? a t on si peu de sens politique au PS ? ou n'a ton rien d'autre à dire pour exister ? Laa prostitution peut être condamnable moralement par certains, c'est un fait mais ce n'est pas cela que portait Le front national : il portait sur l'amalgame entre homosexualité et pédophilie : pour le FN c'est la même chose : où comment aller à la pêche aux électeurs ? C'est pour cette raison qu'Hamon a fait une énorme erreur politique.

Le Nobel de la paix à Obama : c'est l'homme de l'espoir pour les américains et pour le reste du monde mais il n'a pas encore marqué l'histoire du monde et de la paix pour que ce justifie ce prix. En effet, le jury a récompensé je cite : Le président américain, élu il y a moins d'un an, "pour ses efforts extraordinaires en vue de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples". Beaucoup d'autres candidats ont oeuvré pour la paix et Obama n'a encore rien démontré de tangible. Pour ma part, il ne suffit pas d'être Président des Etats Unis (même le meilleur) pour avoir le prix Nobel.

mercredi 16 septembre 2009

Visa Gold

Eric Besson vient de signer le décret instituant une carte de séjour "gold" : il s'agit de faire bénéficier d'une carte de séjour de 10 ans aux ressortissants étrangers qui investiraient 10 millions d'euros ou créeraient 50 emplois ou par le biais d'une société qu'ils détiennent au moins à 30% ou dont ils assurent la direction. C'est une nouvelle déclinaison de l'immigration choisie. Déclinaison de la rupture d'égalité qu'a instituée le Président de la République entre les "bons" étrangers" et les "mauvais étrangers" : c'est donc encore une manière de courtiser dans le camp des électeurs du FN et des villieristes. Attention qu'ils n'y aient pas bientôt une politique des "bons" français : ceux qui "travaillent plus pour gagner plus" et ceux qui freinent toujours des 4 fers aux réformes : mais ceci est déjà le cas avec les fonctionnaires : catégorie honnis par le gouvernement, qu'il faut supprimer : n'oublions pas que sans fonctionnaire, il n'y aura plus d'école de la république, plus de police nationale pour assurer la prévention et la protection des individus, plus de crèches pour faire garder nos enfants, plus d'inspecteur du travail...
Une majorité de français ont choisi Nicolas Sarkozy comme Président : j'espère qu'ils ont les yeux bien ouverts sur les politiques qu'il mène et donc pour ne pas refaire la même erreur

mardi 15 septembre 2009

Retour sur l'actualité

Après les dernières révélations par internet du comportement douteux de certains ministres : Brice Hortefeux, qui a du mal avec les auvergnats et Eric Besson qui fait un doigt d'honneur à un journaliste en plein interview, certains (des proches du Président) se posent la question de la dangerosité d'internet. En effet, ces moralistes de la première heure émettent l'idée de contrôler voire d'interdire certaines diffusions sur le web. Mais où va t on ? Big brother Sarkozy veut mettre la main sur un des derniers vecteurs d'expression libre. Je suggère à tout ces ministres qui se sont fait "piéger" de montrer à la population qu'une responsabilité d'Etat doit se parer de la plus grande exemplarité. Alors avant de vouloir interdire internet, prenenz de la hauteur et comportez vous en personne responsable et respectueuse d'autrui.

Un petit retour sur le forum des associations dans le 3ème arrondissement de Lyon. Pour la première fois ce forum s'est tenu sur la place Guichard. A la place de la formule étriquée habituelle, coincée dernière la mairie, nous avons pu samedi accueillir plus de 100 associations. Beaucoup de visiteurs se sont déplacés pour les stands mais aussi pour les animations qui se sont succédées toutes la journée. Un questionnaire d'évaluation a été complété par toutes les associations présentes et une réunion de débriefing aura lieu prochainement pour améliorer encore ce moment fort de la vie de notre arrondissement. Bravo à l'équipe technique de la mairie du 3ème qui a fait preuve comme d'habitude d'un grand professionnalisme.

mardi 8 septembre 2009

Retour sur mes vacances




Vous vous direz peut être qu'il y a peu d'intérêt à raconter ses vacances. Cependant je souhaitais vous faire partager ce que j'ai apprécié durant cette période.
Ce qu'il faut savoir c'est que nous avons fait l'acquisition d'une petite maison à la montagne dans un petit village du sud de l'isère qui compte 50 habitants, 30 vaches et 5 chiens. C'était la première fois que j'y passais toutes mes vacances estivales. J'ai apprécié bien évidemment les randonnées, la vue sur les montagne, l'air pur et surtout de me retrouver avec ma compagne et nos filles pour partager des moments ensemble. Il est vrai que je mène une vie de fou tout au long de l'année entre mon activité professionnelle, mon mandat d'élus et j'étais donc très content de me retrouver au calme sans téléphone portable (car la zone est mal desservie) et sans internet.
Je crois avoir trouvé un véritable endroit pour me ressourcer car il est indéniable qu'il faut savoir prendre du recul et se reposer régulièrement pour être plus efficace : d'ailleurs Thierry Philip nous a prévenu en début de mandat : Attention au burn out ! Tout est donc une question d'équilibre et je crois que je l'ai aujourd'hui trouvé.

jeudi 3 septembre 2009

de retour et retour sur l'actualité

Après quelques semaines de vacances à la montagne, je reviens plein d'énergie. Nouveau poste professionnel, de nouveaux dossiers à la mairie du 3ème et nouvelles perspectives au Parti socialiste (je l'espère). Un petit tour de l'actualité : Aujourd'hui est le jour anniversaire de la déclaration de guerre de la france à l'allemagne en 1939 : devoir de mémoire toujours, par respect aux anciens combattants et aux déportés et pour que cela ne recommence pas

Taxe carbone : tout le monde est d'accord pour que le pollueur soit le payeur mais tous les pollueurs ne doivent pas être mis sur un pied d'égalité : tout le monde ne peut pas se payer une voiture hybryde ! alors pourquoi d'abord ne pas favoriser d'avantage le développement des technologies propres ? trop de lobby? (les pétroliers ... ?)

La Rochelle : je n'y était pas : trop loin et je ne peux pas être de partout. Mais j'ai l'impression que le parti en est ressorti plus fort mais jusqu'à quand ? j'attends avec impatience le débat qui précédera le vote du 1er octobre en particulier sur le cumul des mandats. Ce débat a toujours été une marotte du PS mais n'a jamais bien débouché. Je suis personnellement pour le non cumul strict du mandat national ou européen. Je suis aussi pour le non cumul strict des présidences et vice présidences d'exécutif locaux (pour les communes de plus de 50000 habitants) à la condition que leurs indemnités leur permettent de pouvoir exercer leur mandat correctement c'est à dire leur permettent de se libérer de leur activité professionnelle et que le retour à cette activité soit garantie en fin de mandat : ces fonctions électives sont des fonctions à plein temps. Tous les mandats devront être exercés un maximum de trois fois.

Carla va jouer à l'actrice avec Woody Allen dit on : je n'en ai rien à faire !!

12 septembre à 11H c'est le forum des associations : venez nombreux dans le 3 ème.

Aujourd'hui, Camille a fait sa rentrée en CE1 : je suis fier de ma fille

jeudi 25 juin 2009

Les "Universités" catholiques délivreront des diplômes profanes

Voici le texte du décret d'avril 2009 qui accorde le droit aux "universités" catholiques de délivrer des diplômes profanes et sans contrôle du ministère de l'enseignement supérieur du contenu de ces diplômes :les universités sont habilitées à délivrées des diplômes nationaux après un accord du ministère mais ceux des universités catholiques : que de dérives possibles !! Je trouve cela honteux car cela remet en cause profondément le principe de laïcité de notre République. C'est aussi un bon moyen d'attirer un électorat pour Monsieur Sarkozy.

Voici le texte :

JORF n°0092 du 19 avril 2009 page 6746

texte n° 10

DECRET Décret n° 2009-427 du 16 avril 2009 portant publication de l'accord entre la République française et le Saint-Siège sur la reconnaissance des grades et diplômes dans l'enseignement supérieur (ensemble un protocole additionnel d'application), signé à Paris le 18 décembre 2008 (1)

NOR: MAEJ0903904D

Le Président de la République, Sur le rapport du Premier ministre et du ministre des affaires étrangères et européennes, Vu les articles 52 à 55 de la Constitution ; Vu le décret n° 53-192 du 14 mars 1953 modifié relatif à la ratification et à la publication des engagements internationaux souscrits par la France ; Vu le décret n° 2000-941 du 18 septembre 2000 portant publication de la convention sur la reconnaissance des qualifications relatives à l'enseignement supérieur dans la région européenne, faite à Lisbonne le 11 avril 1997, Décrète : Article 1

L'accord entre la République française et le Saint-Siège sur la reconnaissance des grades et diplômes dans l'enseignement supérieur (ensemble un protocole additionnel d'application), signé à Paris le 18 décembre 2008, sera publié au Journal officiel de la République française. Article 2

Le Premier ministre et le ministre des affaires étrangères et européennes sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

   *
     Annexe
     A C C O R D
     ENTRE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE ET LE SAINT-SIÈGE SUR LA RECONNAISSANCE DES GRADES ET DIPLÔMES DANS L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR, ENSEMBLE UN PROTOCOLE ADDITIONNEL D'APPLICATION, SIGNÉ À PARIS LE 18 DÉCEMBRE 2008
     La République française, d'une part,
     et
     Le Saint-Siège, d'autre part,
     ci-après dénommés « les Parties »,
     Considérant la Convention sur la reconnaissance des qualifications relatives à l'enseignement supérieur dans la région européenne, signée à Lisbonne le 11 avril 1997 et ratifiée par les deux Autorités ;
     Réaffirmant leur engagement, dans le cadre du « processus de Bologne », de participer pleinement à la construction de l'espace européen de l'enseignement supérieur en améliorant la lisibilité des grades et des diplômes d'enseignement supérieur délivrés par les établissements habilités à cet effet
     sont convenus de ce qui suit :
     Article 1er
     Objet de l'accord
     Le présent accord, selon les modalités énoncées dans son protocole additionnel, a pour objet :
     1. la reconnaissance mutuelle des périodes d'études, des grades et des diplômes de l'enseignement supérieur délivrés sous l'autorité compétente de l'une des Parties, pour la poursuite d'études dans le grade de même niveau ou dans un grade de niveau supérieur dans les établissements dispensant un enseignement supérieur de l'autre Partie, tels que définis à l'article 2 du présent accord ;
     2. la lisibilité des grades et des diplômes de l'enseignement supérieur délivrés sous l'autorité compétente de l'une des Parties par une autorité compétente de l'autre Partie.
     Article 2
     Champ d'application
     Le présent accord s'applique :
     Pour l'enseignement supérieur français : aux grades et diplômes délivrés sous l'autorité de l'Etat par les établissements d'enseignement supérieur.
     Pour les Universités catholiques, les Facultés ecclésiastiques et les établissements d'enseignement supérieur dûment habilités par le Saint-Siège : aux grades et diplômes qu'ils délivrent dans les disciplines énumérées dans le protocole additionnel. Une liste des institutions ainsi que des grades et diplômes concernés sera élaborée par la Congrégation pour l'Education catholique, régulièrement tenue à jour et communiquée aux Autorités françaises.
     Article 3
     Entrée en vigueur
     Le présent accord entre en vigueur le premier jour du deuxième mois suivant la date de la dernière notification des parties s'informant mutuellement de l'accomplissement des procédures internes requises pour son entrée en vigueur.
     Article 4
     Modalités de mise en œuvre
     Un protocole additionnel joint au présent accord et faisant partie intégrante de ce dernier, prévoit les modalités d'application des principes contenus au présent accord. Ce document pourra être précisé ou modifié par les autorités compétentes désignées par les deux Parties, sous la forme d'un échange de lettres.
     Article 5
     Résolution des différends
     En cas de différend concernant l'interprétation ou l'application du présent accord et de son protocole additionnel, les services compétents des deux Parties se consultent en vue de régler le différend par voie de négociation amiable.
     Article 6
     Durée de l'accord
     Le présent accord est conclu pour une durée indéterminée. Il peut être dénoncé par chacune des Parties et cette décision entrera en application trois mois après cette notification officielle.
     En foi de quoi, les soussignés, dûment habilités à cet effet, ont signé le présent accord.
     Fait à Paris, le jeudi 18 décembre 2008, en double exemplaire, en langue française.
     Pour la République française :
     Bernard Kouchner
     Ministre des Affaires étrangères
     et européennes
     Pour le Saint-Siège :
     Mgr Dominique Mamberti
     Secrétaire pour les Relations
     avec les Etats
     PROTOCOLE ADDITIONNEL
     À L'ACCORD ENTRE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE ET LE SAINT-SIÈGE SUR LA RECONNAISSANCE DES GRADES ET DIPLÔMES DANS L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
     Conformément à l'article 4 de l'accord entre la République française et le Saint-Siège sur la reconnaissance des grades et diplômes dans l'enseignement supérieur, signé à Paris le 18 décembre 2008, les deux Parties sont convenues d'appliquer les principes contenus dans l'accord selon les modalités qui suivent :
     Article 1er
     Champ d'application du protocole additionnel
     Le présent protocole s'applique :
     Pour l'enseignement supérieur français : aux grades et diplômes délivrés sous l'autorité de l'Etat par les établissements d'enseignement supérieur autorisés.
     Pour les universités catholiques, les facultés ecclésiastiques et les établissements d'enseignement supérieur dûment habilités par le Saint-Siège : aux grades et diplômes qu'ils délivrent dans les disciplines énumérées à l'article 2 du protocole additionnel. Une liste des institutions ainsi que des diplômes concernés sera élaborée par la Congrégation pour l'Education catholique, régulièrement tenue à jour et communiquée aux autorités françaises.
     Article 2
     Information sur les grades et diplômes
     Pour l'enseignement supérieur français : les grades fixent les principaux niveaux de référence de l'Espace européen de l'enseignement supérieur.
     Ils sont au nombre de quatre : le baccalauréat comme condition d'accès aux diplômes de l'enseignement supérieur ; la licence (180 crédits européens ECTS sur la base de 60 crédits ECTS par an) ; le master (300 crédits européens ECTS sur la base de 60 crédits ECTS par an) ; le doctorat.
     Le grade est conféré par un diplôme délivré sous l'autorité de l'Etat et porteur de la spécialité.
     Pour les universités catholiques, les facultés ecclésiastiques et les établissements d'enseignement supérieur dûment habilités par le Saint-Siège :
     - diplômes délivrés par les universités catholiques et les établissements d'enseignement supérieur dûment habilités par le Saint-Siège ;
     - diplômes ecclésiastiques directement délivrés par les facultés ecclésiastiques sous l'autorité du Saint-Siège.
     Article 3
     Reconnaissance des diplômes conférant
     un grade et entrant dans le champ d'application
     Pour l'application du présent protocole, le terme « reconnaissance » signifie qu'un diplôme obtenu dans l'une des Parties est déclaré de même niveau pour produire les effets prévus par l'Accord.
     Sur requête préalable des intéressés, sont reconnus de même niveau :
     a) Le doctorat français et les diplômes ecclésiastiques de doctorat ;
     b) Les diplômes français de master (300 crédits ECTS) et les diplômes ecclésiastiques de licence ;
     c) Le diplôme français de licence (180 ECTS) et les diplômes ecclésiastiques de baccalauréat.
     Les autorités compétentes pour la reconnaissance des diplômes sont :
     - pour la lisibilité des grades et diplômes de l'enseignement supérieur délivrés sous l'autorité compétente de l'une des Parties :
     - en France : le Centre national de reconnaissance académique et de reconnaissance professionnelle ― Centre ENIC-NARIC France près le Centre international d'études pédagogiques (CIEP) ;
     - auprès du Saint-Siège : le bureau du Saint-Siège pour les reconnaissances académiques, qui se trouve auprès de la Nonciature en France.
     - pour la poursuite d'études :
     - dans les établissements d'enseignement supérieur français : l'établissement d'enseignement supérieur dans lequel souhaite s'inscrire l'étudiant ;
     - dans les universités catholiques, les facultés ecclésiastiques et les établissements d'enseignement supérieur dûment habilités par le Saint-Siège : le bureau du Saint-Siège pour les reconnaissances académiques, qui se trouve auprès de la Nonciature en France.
     Article 4
     Reconnaissance des périodes d'études
     et des diplômes ne conférant pas un grade
     1. Les études et les établissements où elles sont poursuivies doivent correspondre aux conditions prévues à l'article 1er du présent protocole.
     2. Sur demande préalable des intéressés, les examens ou périodes partielles d'études validées dans des établissements dispensant un enseignement supérieur donnant lieu à la délivrance d'un diplôme reconnu dans l'une des Parties sont pris en compte, notamment sur la base du système de crédits européens ECTS, pour la poursuite d'études au sein des établissements dispensant un enseignement supérieur reconnu dans l'autre Partie.
     3. L'autorité compétente pour la reconnaissance des périodes d'études est :
     - dans les établissements d'enseignement supérieur français : l'établissement d'enseignement supérieur au sein duquel le demandeur souhaite poursuivre ses études ;
     - dans les universités catholiques, les facultés ecclésiastiques et les établissements d'enseignement supérieur dûment habilités par le Saint-Siège : en accord avec la Congrégation pour l'éducation catholique, le bureau du Saint-Siège pour les reconnaissances académiques, qui se trouve auprès de la Nonciature en France.
     Article 5
     Suivi du présent protocole
     Les services compétents des deux Parties se réunissent en tant que de besoin pour l'application du présent protocole.
     Les services chargés de l'information sur les diplômes délivrés dans chacune des deux Parties sont :
     - pour la France : le centre ENIC-NARIC France ;
     - pour le Saint-Siège : en accord avec la Congrégation pour l'éducation catholique, le bureau du Saint-Siège pour les reconnaissances académiques, qui se trouve auprès de la Nonciature en France.

Fait à Paris, le 16 avril 2009.

Nicolas Sarkozy

Par le Président de la République :

Le Premier ministre,

François Fillon

Le ministre des affaires étrangères

et européennes,

Bernard Kouchner

mardi 23 juin 2009

Que de mauvaises nouvelles

Le Président de la république (ou plutôt notre monarque !) vient de prononcer pour la première fois de la 5ème république un discours devant le Congrès. Monarchie oblige, il était accompagné de sa première dame lectrice assidue de "Femme actuelle". Pas de débat avec lui c'est le sous 1er ministre qui s'y colle. Nous avons souvent remis en cause la constitution de la 5ème république car elle faisait trop de place au Président. Force est de constater que Nicolas Sarkozy utilise toute la constitution (et ses nouveautés) pour piloter lui même la politique de la Nation. Il ne se gêne pas non plus pour utiliser tous les médias à sa disposition pour développer son omnipotence. De son discours je retire plusieurs réflexions :

La première, sa vision du problème de la Burka : il dit que ce n'est pas un problème de religion. Je pense que c'est aussi un problème de religion. C'est bien une religion qui amène ses femmes à se soumettre de cette manière. La seconde, la mise en oeuvre d'un emprunt d'Etat. Cet emprunt va servir à payer les effets du bouclier fiscal des plus riches. Il contribuera à alourdir la dette de l'Etat car il faudra bien payer des intérêts. Un non sens Enfin, on peut dire que son discours était un catalogue de promesses et d'idées qui contredisent des idées portées antérieurement (la discrimination positive par exemple). Or, nous savons que ses promesses ne sont pas crédibles. Juste un exemple : les banques ont reçues de l'Etat une dotation exceptionnelle de 360 Milliards d'euro pendant la crise. En contrepartie, ces banques (et c'était la seule petite contrepartie demandée) devaient financer l'économie française en augmentant de 3 à 4 % les encours c'est à dire accorder plus de crédit. Le Président de la Fédération nationale bancaire vient d'annoncer que ces chiffres ne seront pas tenues en 2009. Bien évidemment, il se défausse sur les ménages qui ne demanderaient pas de crédit : tout le monde connait autour de lui une famille ou une entreprise ayant demandé un crédit qui lui a été refusé alors qu'en temps normal il lui aurait été accordé. Sarkozy nous vend du flan. Ne soyons pas dupe !!!

lundi 11 mai 2009

Discours de Gérard Collomb - inauguration du Parc Jacob KAPLAN - Jeudi 7 mai 2009

Vous trouverez ci après le discours de Gérard Collomb pour l'inauguration du Parc Jacob Kaplan. C'était un moment émouvant pour tous les lyonnais et en particulier pour la communauté juive.

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jeudi 5 mars 2009

" Les élections européennes : une chance pour la démocratie dans le Parti "

" Les élections européennes : une chance pour la démocratie dans le Parti "

Les adhérents de notre Parti sont appelés à s’exprimer sur les listes aux élections européennes dans quelques jours.

S’exprimer : oui ! Mais ni choisir, ni décider !

Les listes qu’on nous présente ont été élaborées par quelques camarades de la direction, souvent juge et partie.

C’est cette méthode que nous voulons aujourd’hui dénoncer.

Nos désaccords portent sur des aspects essentiels qui nous semblent seuls, pouvoir fonder la légitimité de notre parti dans l’opinion publique et lui permettre d’être une force d’alternance au pouvoir actuel :

1 - Une absence de concertation réelle avec les territoires, leurs élus, leurs responsables. Il y a eu, certes, partout des réunions interrégionales où les vœux des fédérations ont été exprimés. Mais on n’en a tenu aucun compte !

2 - Un effarant mépris de toute considération européenne et de la place qu'occupent désormais les législations européennes dans nos législations nationales et la vie quotidienne des Français.

3 – Un choix des candidats sans analyse du bilan réel, du poids politique et de l'investissement européens des députés sortants, sacrifiant par là même nos possibilités d’influence au sein du Parlement. Et on ne peut que s’étonner que notre Président de délégation n’y ait pas été associé.

4 – Une composition des listes basées sur l’unique appréciation des dirigeants nationaux des courants sans que ces derniers n’aient aucunement pris l’avis de leur base.

5 – Un mépris total de l’implantation locale des candidats et de leur capacité à convaincre des électeurs quand la crise économique déboussole et peut conduire, soit vers d’autres choix politiques, soit vers l’abstention.

6 – Une rénovation renvoyée aux oubliettes, alors qu’elle a été au cœur des débats du congrès et qu’elle est indispensable pour nous permettre de gagner demain.

De tels arrangements pour la constitution des listes affaiblissent notre combat pour l’Europe, affaiblissent la gauche face à la droite, nous discréditent au sein de l’opinion publique.

Les signataires de ce texte, ont des parcours différents, appartiennent à des courants divers. Mais, ensemble, nous refusons des listes qui résultent d’une démarche totalement erronée, qui bafouent la démocratie dans notre parti, qui sont un défi au sens de la responsabilité, à l’engagement européen, au simple respect des militants qui font vivre notre parti au quotidien.

Voilà pourquoi si ces listes étaient maintenues en l’état, nous vous appelons à les rejeter, que ce rejet se manifeste par un vote contre ou le refus de participer à ce qui n’est qu’une parodie de démocratie !

Chers camarades, nous avons tous dit notre volonté de changer !

Le moment est venu de le faire !

Cher(e)s camarades,

Nous vous invitons à rejoindre les signataires de cet appel en envoyant un email à PSEuropeennes@gmail.com.




LES PREMIERS SIGNATAIRES :

Est

Claude DAVIOT, Député, Conseil régional Côte d’Or François PATRIAT, Président, Conseil Régional Bourgogne Claude-Anne DARCIAUX, Députée Côte d’Or Christophe SIRUGUE, Député-maire Chalon sur Saône Martial BOURQUIN, Sénateur-maire Audincourt

Sud-Est

Jean-Jack QUEYRANNE, Président Conseil régional Rhône-Alpes Gérard COLLOMB, Sénateur-maire Lyon Président Grand Lyon Najat VALLAUD-BELKACEM, Secrétaire Nationale PS Jacky DARNE, 1er secrétaire fédéral Rhône Claire DONZEL, 1ère secrétaire fédérale Haute Savoie

Sud-Ouest

Vincent FELTESSE, Président, Communauté urbaine Bordeaux Gilles SAVARY, Député européen

Ouest

Bernard POIGNANT, Maire, Député européen Quimper Jean-Yves LE DRIAN, Président Conseil régional Bretagne

Centre

Alain RODET, Député-maire Limoges Jean-Paul DENANOT, Président Conseil régional, Limousin Marie-Françoise PEROL-DUMONT Présidente, Conseil général Haute-Vienne Daniel BOISSERIE, Député Haute-Vienne

Paris – Ile de France

Malek BOUTIH, Membre du Conseil National Jean-Pierre MIGNARD, Membre du conseil National

lundi 5 janvier 2009

Bonne Année

mercredi 26 novembre 2008

Où en est le parti socialiste ?

Je parlais d'un congrès de survie lors de mon dernier billet.Je n'imaginais même pas ce qui allait se passer. Je confirme que les militants et des sympathisants sont atterrés par ce qu'ils ont vus et entendus, et je les comprends. Aujourd'hui, Maryine Aubry va tenter de rassembler notre parti. Cependant, je ne la vois pas comment tenir une ligne politique claire tant sa majorité est disparate (émannuelli, cambadélis, fabius, Aubry, Hollande ...). Nous serons vigilant ! Quant à la rénovation, je crois qu'elle va devoir attendre et cela est dommage. A suivre après l'annonce de la composition des instances nationales le 6 décembre prochain.

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